POURQUOI Y A-T-IL PLUS DE FEMMES A L’ÉCOLE POLITIQUE AFRICAINE ?

Notez qu’on ne parlera pas de « genre » mais de « sexe ». En effet, le « genre » correspond à une vision eurocentriste. En outre, les observations menées concernent la France métropolitaine. 

La journée du 8 mars est consacrée à la Femme. Profitons-en pour célébrer son évolution au sein de la Société, la perception que les hommes ont d’elle, mais surtout la vision que la Femme porte sur elle-même et ses capacités !

Ce bilan  est-il propre à l’École Politique Africaine, ou s’étend-il  à l’Enseignement Supérieur dans sa globalité ? Selon le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, on compte 56% d’étudiantes en France. Comment expliquer cela ?

Première hypothèse : la femme est-elle une meilleure gestionnaire ? La Femme,  une meilleure gestionnaire ?

Il est communément admis que dans les sociétés patriarcales, la femme a longtemps été considérée comme limitée à la gestion du foyer. La seule légitimité dont elle jouit est astreinte aux tâches ménagères et à l’organisation de la famille. « Fiançailles-mariage-enfants ». Elle porte les enfants physiquement, dans sa chaire, mais également symboliquement en les élevant. Les tâches qui lui sont réservées sont des tâches de gestion, tournées vers autrui.

Selon le Ministère de l’Enseignement Supérieur, les étudiantes sont plus représentées dans les matières dites « relationnelles » ; telles que les sciences humaines et les sciences sociales.

Le 28 avril 2020, Forbs a rédigé une thèse selon laquelle les femmes sont de meilleures gestionnaires que les hommes. Inutile de préciser que cette thèse fut accueillie de façon mitigée. De nombreux opposants ont affirmé qu’il est absurde de soutenir de tels propos. Il est donc légitime se poser deux questions.

– les capacités et les aptitudes sont-elles sexuées ?

– le choix d’orientation en Enseignement Supérieur est-il sexué ?

Il n’est pas question de sexe mais de déterminisme social

La question est la suivante : pourquoi y a-t-il moins d’étudiantes dans les matières dites « sciences dures » ? On ne peut décemment pas répondre à cette question en affirmant que les compétences et aptitudes sont intrinsèquement liées et limitées au sexe.

Par contre, quel organe forme les Hommes et les femmes depuis le plus jeune âge ? L’école. Qui n’a pas entendu que « tel métier est réservé aux hommes, tel métier est réservé aux femmes » ? Si vous n’avez rien entendu de tel, estimez-vous chanceux. Au vu de ces observations, on peut considérer que l’école a, pendant longtemps, formé et éduqué de façon sexuée. Les sciences dites « dures » étaient réservées aux hommes, tandis que les sciences « molles » étaient l’apanage des femmes. La terminologie même, rappelle le clivage « sexe fort / sexe faible ».

Cette constatation explique la sous-représentation des femmes dans l’enseignement supérieur, dans des filières dites « scientifiques », entendez sciences dures. Considérant ce que nous venons d’observer, le déterminisme social serait donc un frein quant à l’ambition des étudiantes. D’accord…

Mais comment expliquer la présence majoritaire de femmes à l’École Politique Africaine, qui est rappelons-le, est une école politique et a pour vocation à former des leaders.

Affirmation de Soi

S’inscrire à l’École Politique Africaine est un manifeste de la volonté d’implication et de jouir d’un rôle important au sein de la cité (au sens propre). On assiste à l’affirmation et l’émancipation des Femmes. Il n’est plus question d’être une simple gestionnaire. Nous sommes témoins d’un changement de statut : de gestionnaire à celui de décisionnaire.

Je tiens à rappeler un fait. Lorsque la femme était uniquement considérée en tant que maitresse de maison,  en réalité celle-ci était chargée de la cité. Je m’explique.

Selon Singly, « la famille est un organe secondaire de l’État ». En fonction du paradigme adopté, ces propos sont fortement contestables, mais là n’est pas le sujet… Ce qu’il faut retenir est que la famille est un organe de l’État. Bien qu’elle soit considérée comme une instance secondaire, elle est partie intégrante de cette entité.

De façon indirecte, la femme jouait un rôle important quant à la vie de la Cité. Ainsi, même pendant ces heures de « gestionnaires », la femme participait au fonctionnement de l’État. Elle n’a jamais été exclue mais reléguée au second plan. D’où l’expression « derrière chaque grand homme se cache une femme ». Cette citation est longuement restée d’actualité, mais ne jouit d’aucune pertinence désormais ! Volonté d’expression et de puissance

Pour conclure, les étudiantes qui s’inscrivent à l’EPA se sont non seulement émancipé de toutes considérations limitantes et manifestent surtout leurs volontés de puissance, leurs volontés de s’inscrire dans un projet plus grand et devenir actrices des changements significatifs. Ce qu’il faut retenir ? Émancipons-nous des pensées limitantes, et visons l’excellence !

 Rédigé par Lou B.

Mars, 2021.

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