LE PANAFRICANISME, NOUVEAU REMÈDE ?

  Plus besoin de présenter Thomas Sankara, Kwamé Nkrumah, W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey. Et si maintenant je vous demande de définir, avec exactitude, le terme panafricanisme ? Plus compliqué ?

La raison est simple. Selon le professeur Amzat Boukari-Yabara (Professeur à l’EPA) le panafricanisme est un concept énigmatique qui a traversé les époques, les lieux et a été incarné par différents acteurs.

 Quel est le point commun entre les luttes de ces visionnaires ? L’Afrique.

Bien que l’origine du mot « Afrique » soit lui-même tendancieuse, car d’origine exogène, le Continent relie ses aspirations, ses vocations, ses combats, ses rêves, ses projets.

Le panafricanisme est donc une lutte qui dure depuis des décennies. Il ne s’agit pas de quelque chose de nouveau. Au 21e siècle, le panafricanisme peut-il être considéré comme salvateur ?

Un remède à quoi ?

L’article « Immigré ou migrant, quelle est ma place en France[1], explique que l‘utilisation du terme « Noir » essentialise d’une part une « communauté », d’autre part celui-ci est extrêmement réducteur.

 Le panafricanisme dépasse et transcende la notion de « communauté noire ». Il est question d’identité culturelle à proprement parlé. Nous détaillerons cela dans les prochaines lignes : le but même du combat panafricain est de sortir de ce paradigme qui nous enferme et nous réduit à un concept inclusif.

S’unir autour d’une pigmentation n’a rien de valorisant en soi. Tandis que s’associer autour d’une histoire commune et de principes communs élève non seulement le débat, mais surtout érige, édifie notre identité.

L’Afrique n’est pas depuis la « découverte » des Européens. L’Afrique était et existe indépendamment de l’Europe. Nul doute possible là-dessus.

Nous ne Sommes pas, depuis la découverte du continent par les Européens. Nous existons avant cette dite « découverte ». Grâce à cette conception, avec ce regard, nous sortons de la hiérarchie « raciale » et récupérons une identité, mais surtout notre Histoire.

Avec cette conception, on ne peut pas dire que « l’homme noir n’est jamais entré dans l’histoire ». Malheureusement, le temps nous manque et le thème du jour n’est pas celui-là, mais je vous invite à lire différents ouvrages afin de (ré) apprendre à quel point le passé du Continent est riche et ancien.

Ce changement de paradigme, nous permet de devenir et de nous considérer comme des êtres culturels à part entière et plus uniquement des individus regroupés en une communauté du seul fait de leur couleur de peau. Et là, le débat devient intéressant !

L’essence du panafricanisme

  Comme nous l’avons dit plus haut, ce qui est important c’est de saisir l’esprit, la finalité du panafricanisme. Saisir la substance de cette idéologie permet de voir à quel point il est porteur d’espoir, de projets, puis de mises en action.

Le panafricanisme est la recherche d’excellence

 Selon l’idéologie panafricaine, il n’est pas question de rechercher des excuses, des coupables, mais trouver des solutions.  Plus le temps pour l’émotion, laissons place à la raison et au pragmatisme.

D’un point de vue individuel et collectif, la recherche d’excellence, de dépassement de soi et de fierté est une pierre angulaire de cette construction.

L’éducation permet la réappropriation de notre Histoire

Pour se réapproprier son histoire et sortir des schémas limitants, le panafricain doit être formé et éduqué. C’est la raison pour laquelle l’existence de l’EPA est légitime, voire nécessaire. L’éducation permet la découverte d’une culture commune et de l’unité des populations africaines.

L’ignorance ou les préjugés font « penser » que l’Afrique est un morcellement de cultures incompatibles les unes des autres. Il n’en est rien.

C’est la raison pour laquelle le panafricain ne peut se permettre d’être ignorant de son Histoire. Un professeur, un jour m’a posé la question suivante, « quelle est la différence entre un Américain, un Martiniquais, un Guadeloupéen, un Brésilien » ? J’ai spontanément j’ai répondu : la langue. Sourire en coin, sa réponse était d’une simplicité déconcertante.

Selon lui, seules les destinations des bateaux de nos ancêtres variaient. Seul le port d’arrivage change : Guadeloupe, Martinique, Brésil… Donc un Martiniquais aurait très bien pu être Brésilien. Voyez-vous cette interchangeabilité, à quel point l’appartenance aux nationalités tient à peu ? Nous venons, tous, du même endroit : le Continent. Unicité de la provenance.

Nécessité de changer de regard

Il est impératif d’abandonner tout regard eurocentré sur l’Afrique.  Il faut s’émanciper,   s’autodéterminer et se réapproprier notre destinée. C’est la raison pour laquelle, à l’EPA, nous vous apprenons à regarder le monde avec un œil africain. 

Dans quel but ?

L’objet même du panafricanisme et de l’École Politique Africaine est de rechercher une cohérence d’ensemble en sublimant les points communs, en créant et en organisant une solidarité idéologique, un projet commun. La coordination collective est nécessaire pour jouir, à terme, d’une puissance culturelle, militaire, financière et technologique.

En quelques mots, le panafricanisme est un combat pour la dignité, la liberté et l’unité. C’est un parti pris assumé pour l’Afrique. Sans complexe.

Attention les sceptiques, je vous vois arriver… Les prochaines lignes vous sont destinées.

Un appel au repli sur soi ?

 Que les choses soient claires. Il ne s’agit absolument pas d’un repli sur soi. Qui peut en vouloir à une tierce personne de chercher son histoire, la réapprendre, se l’approprier et manifester une volonté d’union ?

Quand on parle d’Union Européenne, personne n’est choqué. Qui peut en vouloir à une tierce personne de rechercher le passé de ceux qui lui ont précédée ? Qui peut blâmer une personne de regarder son passé ?

Ce n’est pas ce que nous faisons à l’école de Jules Ferry ? Les cours d’histoire ne sont-ils pas là pour apprendre, à la population française, son passé ? Est-ce que cela gêne ? Non, car cela fait partie de l’éducation et de la construction identitaire d’un individu. Quittons l’échelle individuelle et basculons à une échelle macroscopique. Qui peut en vouloir à une Nation ou un contient de rechercher l’indépendance totale ? Personne n’est choqué par l’appellation « États-Unis » ou « Royaume-Uni » ?

Lorsque vous entendez ces termes, « Union Européenne », « États-Unis » entendez-vous du communautarisme ? Un repli sur soi ? Une forme de rejet d’autrui ?

Si vous ne l’entendez pas pour ces termes, logiquement vous ne devez pas non plus entendre ce genre de considérations lorsque nous parlons de Panafricanisme.

 Il s’agit simplement d’élever un lieu, une entité :  l’Afrique.

Pour certains individus la recherche du Soi et le désir de fierté sont synonymes de cloisonnement aux autres quand il est question d’Afrique.

Toute personne, bien portante, sait qu’à l’heure actuelle, la mondialisation fait désormais partie intégrante de notre quotidien aux quatre coins du globe. Il serait fou d’affirmer le contraire ou de refuser cette réalité.

C’est la raison pour laquelle on ne peut pas dire que le panafricanisme est contre la mondialisation. Par contre, le Panafricanisme est pour Kama[1], une alternative salvatrice au mondialisme et donc à l’identité africaine.

Qu’entendre par « mondialisme » ? Par mondialisme on entend le processus économico-politique et social d’uniformisation des peuples par la mise en avant de la volonté de pousser l’ensemble des peuples à l’abandon de toutes formes de différences

Le Panafricanisme apparaît donc pour l’Afrique comme le seul moyen d’intégration aux concerts des nations et la seule échappatoire à la disparition de l’identité africaine par l’assimilation mondialiste.

Est-ce un pari illusoire ?

Premier point noir, le nationalisme. Qu’observons-nous lorsque nous regardons les frontières en Afrique ? Ont-elles l’air d’être le fait d’obstacles naturels ? Au contraire, elles sont tellement droites qu’elles ne peuvent qu’être tracées par l’homme.

On voit bien que certains traits sont tellement rectilignes, qu’il est impossible de penser que ses limites-là sont naturelles. J’arrête de tourner autour du pot.

Les frontières en Afrique, ne sont pas naturelles et ont été imposées par l’homme, lors de la conférence de Berlin. Ceux qui se disent nationalistes, acceptent alors, des frontières posées et imposées par autrui et de facto, acceptent que leur nationalité ne soit qu’un héritage -empoisonné- d’une période colonialiste. C’est la raison pour laquelle il est impératif et urgent de sortir de ces considérations. Et avoir une vision plus globale. Notre vision ne peut se limiter aux limites coloniales. Nous devons impérativement considérer le continent en lui-même en tant qu’entité à part entière.

Le tribalisme.

Le tribalisme, est un problème lorsque des dirigeants, ou des personnes au poste important adoptent ce tribalisme. Ainsi, ils sclérosent ces différences, empêchent tout dialogue, toute évolution, et toute collaboration. On pourrait s’attarder à énumérer les éléments qui peuvent être des freins au panafricanisme.

Prenons un exemple hors continent et qui a fonctionné malgré des divergences et des conflits d’intérêts.

Les États-Unis d’Amérique. Au départ, le Sud s’opposait de façon farouche à toute idée de confédération. Le Nord était abolitionniste, tandis que le Sud était esclavagiste. Malgré cela, les États-Unis d’Amérique ont réussi à aller outre cette différence et à s’unir. Il faut donc s’évertuer à trouver des points communs, sans tomber dans l’angélisme et voir qu’il existe également des divergences, qui ne doivent en aucun cas être un obstacle à l’unité

La philosophie de l’École va dans ce sens.

L’importance de la formation et de l’enseignement

L’EPA souhaite apporter à ses élèves la notion d’excellence, la réappropriation de son histoire, de son regard sur le monde pour bâtir un projet commun et se veut fédératrice. N’ayez pas peur de manifester votre volonté d’existence. Et ensemble, visons l’excellence.

Lou B.

Avril 2021.

Bibliographie et Webographie :

👉 [1] https://ecole-politique-africaine.fr/2021/03/22/pour-chaque-categorie-de-personnes-trouvez-vous-quelles-sont-trop-nombreuses-en-france/

👉 [1]« Afrique »

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