MILITANT OU PARTISAN ?

Au lieu d’interroger le regard que porte l’autre sur lui-même, on préfère de façon presque systématique, voire hystérique, le nommer, le catégoriser pour le mettre dans la case qui nous conforte dans notre pensée.

Je vous rassure, aujourd’hui, nous ne parlerons pas de philosophie. Mais ça viendra peut-être, qui sait ?

La semaine dernière, nous avons dépeint les desseins du panafricanisme[1]. Aujourd’hui nous interrogeons les différentes façons de vivre ce mouvement.

Militant ou partisan ? Ces deux notions ont-elles la même finalité ? Ainsi que la même utilité ?

Militant ou partisan, même combat ?

Selon Kouokam Kamtchung, dans Lettres à la Jeunesse Africaine, le partisan -au panafricanisme– est l’individu qui est « en faveur de ».

Pour lui, un militant est une personne qui pose des actes de solidarité envers une doctrine. Il est considéré comme « actif pour défendre ses croyances, ces principes et son idéologie ».

L’un serait donc plus passif que l’autre. Plus légitime ?

Deux façons d’être. Une hiérarchie possible ?

Ces deux termes marquent quoi qu’il en soit une prise de position en faveur de l’idéologie panafricaine. Le partisan se positionne, le militant agit. Il y a donc complémentarité.

Poser la question de hiérarchie est-elle pertinente ?

En effet, cela sous-entend que l’un a plus de légitimité que l’autre et que ces deux prises de position n’ont pas la même valeur.

Hiérarchiser une façon d’être, reviendrait à condamner telle ou telle façon d’agir. Au nom de quoi ?

Nous ne sommes clairement pas là pour ça.

Partons du postulat que chaque personne agit avec ce qu’elle a, ce qu’elle est. C’est-à-dire, avec son passé, son présent, ses projets, ses qualités, ses défauts, ses aspirations et ses peurs.

Vous l’aurez compris, le propos n’est en aucun cas d’accorder plus de légitimité ou de droit d’existence au militant plutôt qu’au partisan. Il ne s’agit pas non plus de diaboliser ou pointer du doigt le militantisme.

C’est vrai qu’aujourd’hui, lorsque l’on entend « militant » on pense à une horde d’individus hystériques, dépourvus de raison, de sagesse et de cohérence. Voire d’intelligence… « Qu’est-ce qu’ils ont ces excités à brailler ?! ».

Sachez qu’il existe autant de militants qu’il existe d’individus.

Eh oui, toujours ce refus d’essentialisme ! Sortons de tout schéma caricatural s’il vous plaît.

« Militant » est égal à violence ? « Militant » égale « prise de position », « action », « conviction ». « Militant » égale « lutte ».

« Lutte » n’est pas systématiquement égale à « violence ».

Il existe des luttes aussi bien physiques, psychologiques, symboliques et spirituelles.

Il existe des combats qui ont lieu physiquement et d’autres qui existent, qui se manifestent de façon symbolique. On peut parler de résistance.

En somme, un militant Panafricanisme n’est pas un terroriste.

D’où vient cette diabolisation ?

Pourquoi le militant est-il ostracisé ?

Lorsqu’on utilise un terme, quel qu’il soit, il est important de comprendre d’une part la charge émotionnelle de celui-ci, qui (individu) ou quoi (groupe, institution, gouvernement…) utilise celui-ci, dans quel but et pour parler de qui ? Qui dit quoi ? Pour qui et pourquoi ?

Il est intéressant d’étudier les raisons pour lesquelles le « militant » est perçu comme un excité, un hargneux,  aux yeux de la doxa.

Lorsque l’on parle de partisan, on sous-entend de l’émotionnel. Lorsque l’on parle de « militant », tout de suite, il y a une connotation péjorative. Le militant est systématiquement ostracisé.

Proscris par qui et pourquoi ?

Le militant est une personne qui lutte pour une idéologie différente a la doxa, pour une doctrine minoritaire.

Dans ce paradigme de penser, il existe donc des luttes considérées comme légitimes, audibles et d’autres comme inaudibles et illégitimes.

Mais considérés comme illégitimes par qui ou par quel système ?

Considérés illégitimes par l’idéologie dominante, le capitalisme. Appartenir au MEDEF, est-il considéré comme étant du militantisme ?

Ne négligeons pas et n’oublions pas le pouvoir de la langue. Pouvoir de diaboliser, pouvoir de diviser, pouvoir de stigmatiser, pouvoir d’unifier, etc.

Ne perdons pas notre esprit critique. Évitons tout  manichéisme.

Le Panafricanisme, un mouvement fédérateur

Un partisan n’agit-il jamais ? Manifester sa prise de position ne fait-il pas du partisan un militant ?

Acteur et partisan, selon moi, ne sont pas antinomiques.

Ce qui peut – être conflictuel, ce sont les considérations que les uns se permettent d’avoir sur les autres. Comment les premiers catégorisent les seconds et vice-versa.

Cloisonner les façons de faire, les façons d’être et les façons d’agir divisent, au lieu de rassembler.

C’est la raison pour laquelle le Panafricanisme ne peut être dans cette classification absurde et stérile au sein même de son mouvement.

Que ce soit des partisans ou des militants, le Panafricanisme a besoin des deux.

Arrêtons de nous pointer du doigt. Ensemble, construisons un avenir pour notre Continent.

À l’EPA, nous considérons que vous êtes une richesse.

Ensemble, visons l’excellence.

Par Lou B.

Avril, 2021.

Bibliographie et Webographie :

[1]https://ecole-politique-africaine.fr/2021/04/05/le-panafricanisme-nouveau-remede/

École Politique Africaine
65 rue de la croix
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Pédagogie : pedagogie@ecole-politique-africaine.fr
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