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MILITANT OU PARTISAN ?

Au lieu d’interroger le regard que porte l’autre sur lui-même, on préfère de façon presque systématique, voire hystérique, le nommer, le catégoriser pour le mettre dans la case qui nous conforte dans notre pensée.

Je vous rassure, aujourd’hui, nous ne parlerons pas de philosophie. Mais ça viendra peut-être, qui sait ?

La semaine dernière, nous avons dépeint les desseins du panafricanisme[1]. Aujourd’hui nous interrogeons les différentes façons de vivre ce mouvement.

Militant ou partisan ? Ces deux notions ont-elles la même finalité ? Ainsi que la même utilité ?

Militant ou partisan, même combat ?

Selon Kouokam Kamtchung, dans Lettres à la Jeunesse Africaine, le partisan -au panafricanisme– est l’individu qui est « en faveur de ».

Pour lui, un militant est une personne qui pose des actes de solidarité envers une doctrine. Il est considéré comme « actif pour défendre ses croyances, ces principes et son idéologie ».

L’un serait donc plus passif que l’autre. Plus légitime ?

Deux façons d’être. Une hiérarchie possible ?

Ces deux termes marquent quoi qu’il en soit une prise de position en faveur de l’idéologie panafricaine. Le partisan se positionne, le militant agit. Il y a donc complémentarité.

Poser la question de hiérarchie est-elle pertinente ?

En effet, cela sous-entend que l’un a plus de légitimité que l’autre et que ces deux prises de position n’ont pas la même valeur.

Hiérarchiser une façon d’être, reviendrait à condamner telle ou telle façon d’agir. Au nom de quoi ?

Nous ne sommes clairement pas là pour ça.

Partons du postulat que chaque personne agit avec ce qu’elle a, ce qu’elle est. C’est-à-dire, avec son passé, son présent, ses projets, ses qualités, ses défauts, ses aspirations et ses peurs.

Vous l’aurez compris, le propos n’est en aucun cas d’accorder plus de légitimité ou de droit d’existence au militant plutôt qu’au partisan. Il ne s’agit pas non plus de diaboliser ou pointer du doigt le militantisme.

C’est vrai qu’aujourd’hui, lorsque l’on entend « militant » on pense à une horde d’individus hystériques, dépourvus de raison, de sagesse et de cohérence. Voire d’intelligence… « Qu’est-ce qu’ils ont ces excités à brailler ?! ».

Sachez qu’il existe autant de militants qu’il existe d’individus.

Eh oui, toujours ce refus d’essentialisme ! Sortons de tout schéma caricatural s’il vous plaît.

« Militant » est égal à violence ? « Militant » égale « prise de position », « action », « conviction ». « Militant » égale « lutte ».

« Lutte » n’est pas systématiquement égale à « violence ».

Il existe des luttes aussi bien physiques, psychologiques, symboliques et spirituelles.

Il existe des combats qui ont lieu physiquement et d’autres qui existent, qui se manifestent de façon symbolique. On peut parler de résistance.

En somme, un militant Panafricanisme n’est pas un terroriste.

D’où vient cette diabolisation ?

Pourquoi le militant est-il ostracisé ?

Lorsqu’on utilise un terme, quel qu’il soit, il est important de comprendre d’une part la charge émotionnelle de celui-ci, qui (individu) ou quoi (groupe, institution, gouvernement…) utilise celui-ci, dans quel but et pour parler de qui ? Qui dit quoi ? Pour qui et pourquoi ?

Il est intéressant d’étudier les raisons pour lesquelles le « militant » est perçu comme un excité, un hargneux,  aux yeux de la doxa.

Lorsque l’on parle de partisan, on sous-entend de l’émotionnel. Lorsque l’on parle de « militant », tout de suite, il y a une connotation péjorative. Le militant est systématiquement ostracisé.

Proscris par qui et pourquoi ?

Le militant est une personne qui lutte pour une idéologie différente a la doxa, pour une doctrine minoritaire.

Dans ce paradigme de penser, il existe donc des luttes considérées comme légitimes, audibles et d’autres comme inaudibles et illégitimes.

Mais considérés comme illégitimes par qui ou par quel système ?

Considérés illégitimes par l’idéologie dominante, le capitalisme. Appartenir au MEDEF, est-il considéré comme étant du militantisme ?

Ne négligeons pas et n’oublions pas le pouvoir de la langue. Pouvoir de diaboliser, pouvoir de diviser, pouvoir de stigmatiser, pouvoir d’unifier, etc.

Ne perdons pas notre esprit critique. Évitons tout  manichéisme.

Le Panafricanisme, un mouvement fédérateur

Un partisan n’agit-il jamais ? Manifester sa prise de position ne fait-il pas du partisan un militant ?

Acteur et partisan, selon moi, ne sont pas antinomiques.

Ce qui peut – être conflictuel, ce sont les considérations que les uns se permettent d’avoir sur les autres. Comment les premiers catégorisent les seconds et vice-versa.

Cloisonner les façons de faire, les façons d’être et les façons d’agir divisent, au lieu de rassembler.

C’est la raison pour laquelle le Panafricanisme ne peut être dans cette classification absurde et stérile au sein même de son mouvement.

Que ce soit des partisans ou des militants, le Panafricanisme a besoin des deux.

Arrêtons de nous pointer du doigt. Ensemble, construisons un avenir pour notre Continent.

À l’EPA, nous considérons que vous êtes une richesse.

Ensemble, visons l’excellence.

Par Lou B.

Avril, 2021.

Bibliographie et Webographie :

[1]https://ecole-politique-africaine.fr/2021/04/05/le-panafricanisme-nouveau-remede/

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LE PANAFRICANISME, NOUVEAU REMÈDE ?

  Plus besoin de présenter Thomas Sankara, Kwamé Nkrumah, W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey. Et si maintenant je vous demande de définir, avec exactitude, le terme panafricanisme ? Plus compliqué ?

La raison est simple. Selon le professeur Amzat Boukari-Yabara (Professeur à l’EPA) le panafricanisme est un concept énigmatique qui a traversé les époques, les lieux et a été incarné par différents acteurs.

 Quel est le point commun entre les luttes de ces visionnaires ? L’Afrique.

Bien que l’origine du mot « Afrique » soit lui-même tendancieuse, car d’origine exogène, le Continent relie ses aspirations, ses vocations, ses combats, ses rêves, ses projets.

Le panafricanisme est donc une lutte qui dure depuis des décennies. Il ne s’agit pas de quelque chose de nouveau. Au 21e siècle, le panafricanisme peut-il être considéré comme salvateur ?

Un remède à quoi ?

L’article « Immigré ou migrant, quelle est ma place en France[1], explique que l‘utilisation du terme « Noir » essentialise d’une part une « communauté », d’autre part celui-ci est extrêmement réducteur.

 Le panafricanisme dépasse et transcende la notion de « communauté noire ». Il est question d’identité culturelle à proprement parlé. Nous détaillerons cela dans les prochaines lignes : le but même du combat panafricain est de sortir de ce paradigme qui nous enferme et nous réduit à un concept inclusif.

S’unir autour d’une pigmentation n’a rien de valorisant en soi. Tandis que s’associer autour d’une histoire commune et de principes communs élève non seulement le débat, mais surtout érige, édifie notre identité.

L’Afrique n’est pas depuis la « découverte » des Européens. L’Afrique était et existe indépendamment de l’Europe. Nul doute possible là-dessus.

Nous ne Sommes pas, depuis la découverte du continent par les Européens. Nous existons avant cette dite « découverte ». Grâce à cette conception, avec ce regard, nous sortons de la hiérarchie « raciale » et récupérons une identité, mais surtout notre Histoire.

Avec cette conception, on ne peut pas dire que « l’homme noir n’est jamais entré dans l’histoire ». Malheureusement, le temps nous manque et le thème du jour n’est pas celui-là, mais je vous invite à lire différents ouvrages afin de (ré) apprendre à quel point le passé du Continent est riche et ancien.

Ce changement de paradigme, nous permet de devenir et de nous considérer comme des êtres culturels à part entière et plus uniquement des individus regroupés en une communauté du seul fait de leur couleur de peau. Et là, le débat devient intéressant !

L’essence du panafricanisme

  Comme nous l’avons dit plus haut, ce qui est important c’est de saisir l’esprit, la finalité du panafricanisme. Saisir la substance de cette idéologie permet de voir à quel point il est porteur d’espoir, de projets, puis de mises en action.

Le panafricanisme est la recherche d’excellence

 Selon l’idéologie panafricaine, il n’est pas question de rechercher des excuses, des coupables, mais trouver des solutions.  Plus le temps pour l’émotion, laissons place à la raison et au pragmatisme.

D’un point de vue individuel et collectif, la recherche d’excellence, de dépassement de soi et de fierté est une pierre angulaire de cette construction.

L’éducation permet la réappropriation de notre Histoire

Pour se réapproprier son histoire et sortir des schémas limitants, le panafricain doit être formé et éduqué. C’est la raison pour laquelle l’existence de l’EPA est légitime, voire nécessaire. L’éducation permet la découverte d’une culture commune et de l’unité des populations africaines.

L’ignorance ou les préjugés font « penser » que l’Afrique est un morcellement de cultures incompatibles les unes des autres. Il n’en est rien.

C’est la raison pour laquelle le panafricain ne peut se permettre d’être ignorant de son Histoire. Un professeur, un jour m’a posé la question suivante, « quelle est la différence entre un Américain, un Martiniquais, un Guadeloupéen, un Brésilien » ? J’ai spontanément j’ai répondu : la langue. Sourire en coin, sa réponse était d’une simplicité déconcertante.

Selon lui, seules les destinations des bateaux de nos ancêtres variaient. Seul le port d’arrivage change : Guadeloupe, Martinique, Brésil… Donc un Martiniquais aurait très bien pu être Brésilien. Voyez-vous cette interchangeabilité, à quel point l’appartenance aux nationalités tient à peu ? Nous venons, tous, du même endroit : le Continent. Unicité de la provenance.

Nécessité de changer de regard

Il est impératif d’abandonner tout regard eurocentré sur l’Afrique.  Il faut s’émanciper,   s’autodéterminer et se réapproprier notre destinée. C’est la raison pour laquelle, à l’EPA, nous vous apprenons à regarder le monde avec un œil africain. 

Dans quel but ?

L’objet même du panafricanisme et de l’École Politique Africaine est de rechercher une cohérence d’ensemble en sublimant les points communs, en créant et en organisant une solidarité idéologique, un projet commun. La coordination collective est nécessaire pour jouir, à terme, d’une puissance culturelle, militaire, financière et technologique.

En quelques mots, le panafricanisme est un combat pour la dignité, la liberté et l’unité. C’est un parti pris assumé pour l’Afrique. Sans complexe.

Attention les sceptiques, je vous vois arriver… Les prochaines lignes vous sont destinées.

Un appel au repli sur soi ?

 Que les choses soient claires. Il ne s’agit absolument pas d’un repli sur soi. Qui peut en vouloir à une tierce personne de chercher son histoire, la réapprendre, se l’approprier et manifester une volonté d’union ?

Quand on parle d’Union Européenne, personne n’est choqué. Qui peut en vouloir à une tierce personne de rechercher le passé de ceux qui lui ont précédée ? Qui peut blâmer une personne de regarder son passé ?

Ce n’est pas ce que nous faisons à l’école de Jules Ferry ? Les cours d’histoire ne sont-ils pas là pour apprendre, à la population française, son passé ? Est-ce que cela gêne ? Non, car cela fait partie de l’éducation et de la construction identitaire d’un individu. Quittons l’échelle individuelle et basculons à une échelle macroscopique. Qui peut en vouloir à une Nation ou un contient de rechercher l’indépendance totale ? Personne n’est choqué par l’appellation « États-Unis » ou « Royaume-Uni » ?

Lorsque vous entendez ces termes, « Union Européenne », « États-Unis » entendez-vous du communautarisme ? Un repli sur soi ? Une forme de rejet d’autrui ?

Si vous ne l’entendez pas pour ces termes, logiquement vous ne devez pas non plus entendre ce genre de considérations lorsque nous parlons de Panafricanisme.

 Il s’agit simplement d’élever un lieu, une entité :  l’Afrique.

Pour certains individus la recherche du Soi et le désir de fierté sont synonymes de cloisonnement aux autres quand il est question d’Afrique.

Toute personne, bien portante, sait qu’à l’heure actuelle, la mondialisation fait désormais partie intégrante de notre quotidien aux quatre coins du globe. Il serait fou d’affirmer le contraire ou de refuser cette réalité.

C’est la raison pour laquelle on ne peut pas dire que le panafricanisme est contre la mondialisation. Par contre, le Panafricanisme est pour Kama[1], une alternative salvatrice au mondialisme et donc à l’identité africaine.

Qu’entendre par « mondialisme » ? Par mondialisme on entend le processus économico-politique et social d’uniformisation des peuples par la mise en avant de la volonté de pousser l’ensemble des peuples à l’abandon de toutes formes de différences

Le Panafricanisme apparaît donc pour l’Afrique comme le seul moyen d’intégration aux concerts des nations et la seule échappatoire à la disparition de l’identité africaine par l’assimilation mondialiste.

Est-ce un pari illusoire ?

Premier point noir, le nationalisme. Qu’observons-nous lorsque nous regardons les frontières en Afrique ? Ont-elles l’air d’être le fait d’obstacles naturels ? Au contraire, elles sont tellement droites qu’elles ne peuvent qu’être tracées par l’homme.

On voit bien que certains traits sont tellement rectilignes, qu’il est impossible de penser que ses limites-là sont naturelles. J’arrête de tourner autour du pot.

Les frontières en Afrique, ne sont pas naturelles et ont été imposées par l’homme, lors de la conférence de Berlin. Ceux qui se disent nationalistes, acceptent alors, des frontières posées et imposées par autrui et de facto, acceptent que leur nationalité ne soit qu’un héritage -empoisonné- d’une période colonialiste. C’est la raison pour laquelle il est impératif et urgent de sortir de ces considérations. Et avoir une vision plus globale. Notre vision ne peut se limiter aux limites coloniales. Nous devons impérativement considérer le continent en lui-même en tant qu’entité à part entière.

Le tribalisme.

Le tribalisme, est un problème lorsque des dirigeants, ou des personnes au poste important adoptent ce tribalisme. Ainsi, ils sclérosent ces différences, empêchent tout dialogue, toute évolution, et toute collaboration. On pourrait s’attarder à énumérer les éléments qui peuvent être des freins au panafricanisme.

Prenons un exemple hors continent et qui a fonctionné malgré des divergences et des conflits d’intérêts.

Les États-Unis d’Amérique. Au départ, le Sud s’opposait de façon farouche à toute idée de confédération. Le Nord était abolitionniste, tandis que le Sud était esclavagiste. Malgré cela, les États-Unis d’Amérique ont réussi à aller outre cette différence et à s’unir. Il faut donc s’évertuer à trouver des points communs, sans tomber dans l’angélisme et voir qu’il existe également des divergences, qui ne doivent en aucun cas être un obstacle à l’unité

La philosophie de l’École va dans ce sens.

L’importance de la formation et de l’enseignement

L’EPA souhaite apporter à ses élèves la notion d’excellence, la réappropriation de son histoire, de son regard sur le monde pour bâtir un projet commun et se veut fédératrice. N’ayez pas peur de manifester votre volonté d’existence. Et ensemble, visons l’excellence.

Lou B.

Avril 2021.

Bibliographie et Webographie :

👉 [1] https://ecole-politique-africaine.fr/2021/03/22/pour-chaque-categorie-de-personnes-trouvez-vous-quelles-sont-trop-nombreuses-en-france/

👉 [1]« Afrique »

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L’APSA ET LE DÉFI DE L’AUTONOMIE STRATÉGIQUE

L’APSA et le défi de l’autonomie stratégique

« Nous unir pour organiser notre parfaite défense et l’exploitation systématique de notre potentiel matériel et humain dans l’intérêt de tous nos peuples constitue le principal rempart contre les sinistres menaces et les diverses actions [scélérates] des néocolonialistes (…) Faire cavalier seul serait limiter notre horizon, ruiner d’avance nos espoirs et compromettre notre liberté »[i]. Opposer un front uni aux puissances menaçant l’existence et la souveraineté des États africains nouvellement indépendants… tel est le message porté par le président ghanéen Kwame Nkrumah dans sa vison d’une Afrique unifiée triomphant des tendances séparatistes.

Cet appel à l’unité ne saurait être une construction purement intellectuelle totalement coupée des contraintes de la réalité. Au contraire, l’unité – tant désirée par le président Kwame Nkrumah – passait par l’examen des difficultés constituant des obstacles à la construction des États-Unis d’Afrique. La résolution de ces difficultés ne pouvait être envisagée que par la mise en œuvre d’une politique commune dans des domaines stratégiques tels que l’économie et la défense car ; pris individuellement, les États africains restent à la merci du néocolonialisme et de l’impérialisme. La situation du Congo nouvellement indépendant dirigé par le premier ministre Patrice Lumumba viendra exposer les dangers auxquels sont exposés les États africains lorsqu’ils ne font pas preuve de solidarité. Le président Kwame Nkrumah dira à ce propos :

 « si à cette époque (juillet1960), les États indépendants d’Afrique avaient été unis, ou du moins avaient eu un haut commandement militaire et une politique étrangère commune, on aurait pu trouver une solution africaine pour le Congo, et le Congo aurait pu obtenir le droit de faire son propre destin sans interventions non africaines »

[ii]. Aujourd’hui, ce pays – connu sous le nom de République Démocratique du Congo (RDC) – fait face à des menaces affectant l’étendue de ses provinces orientales malgré la présence de forces onusiennes. Combien d’hommes et de femmes tués ? Combien de vies dévastées par des groupes armés ayant pour seul objectif le pillage des ressources de ce pays immensément riche ?[iii] Raconter tant de désastres et de vies anéanties, que serait-ce sinon faire le procès d’un mécanisme de sécurité collective profondément inefficace ?

Reprenons la phrase du président Kwame Nkrumah, remplaçons Congo par chaque pays africain en proie à des menaces sécuritaires telles que le terrorisme ou des conflits armés et l’on constate que les interventions étrangères sont beaucoup plus présentes que des actions menées prioritairement par l’Union africaine. Qu’est-ce qui explique une telle situation ? Pourquoi l’Union africaine n’intervient-elle pas en tant qu’acteur principal dans la résolution des crises qui affectent les États du continent ? Nécessité de mettre l’autonomie stratégique au cœur des réformes de l’Union ? Telles sont les différentes questions auxquelles nous tenterons de répondre dans cet article.

L’Union africaine (UA) fut créée en 2002 à Durban en Afrique du Sud. Elle est le fruit de la volonté des chefs d’États et de gouvernements africains de mettre en place une nouvelle organisation continentale capable de consolider les acquis de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et d’approfondir le processus de coopération et d’intégration des États africains[iv]. L’Union africaine sera également chargée de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent à travers la mise en place d’une politique commune de défense du continent africain[v]. L’acte constitutif de l’Union africaine lui conférera le droit d’intervenir dans un État membre dans des circonstances graves que sont les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité[vi]. Par, ailleurs, un État membre peut solliciter l’Union pour restaurer la paix et la sécurité sur son territoire[vii]. Ces dispositions constituent une rupture avec l’OUA dans la mesure où le principe de non-ingérence est remplacé par celui de non-indifférence. En outre, la puissance, à travers l’intervention militaire, est considérée comme un moyen de règlement des conflits[viii]. Ce nouveau paradigme posé par l’Union africaine s’inscrit dans le cadre général de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité (AAPSA ou APSA en anglais).

L’APSA désigne le mécanisme chargé de traiter l’ensemble des questions relatives à la paix et la sécurité du continent africain[ix]. Ses activités sont structurées autour de six organes à savoir : le conseil de paix et de sécurité (CPS), la commission de l’Union Africaine, le groupe des sages (Gds), le système continental d’alerte rapide (SCAR), la force africaine en attente (FAA)[x] et enfin le fond pour la paix. La création de ces organes consacre la volonté de l’union africaine de consolider son autonomisation c’est-à-dire bâtir des dispositifs lui permettant de répondre instantanément, en toute responsabilité et totale indépendance sur des foyers de tensions.

Le conseil de paix et de sécurité constitue le pilier essentiel du dispositif de l’Union africaine dans le cadre de la promotion et la garantie de la stabilité sur le continent. Il a été créé en tant qu’organe décisionnel de l’Union africaine sur les questions relatives à la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Le protocole portant création du CPS indique en son article 7 les pouvoirs dont dispose le conseil afin de remplir valablement ses missions. Il s’agit notamment de « l’anticipation, la prévention et le règlement des conflits ; l’intervention dans le cadre d’une opération de maintien de la paix ; les sanctions contre toute menace ou atteinte à la paix ; la mise en œuvre de la politique de défense commune ; la lutte contre le terrorisme ; la coopération avec les mécanismes régionaux et les Nations Unies dans la préservation et le maintien de la paix »[xi]. En ce qui concerne sa composition, le CPS comprend en son sein quinze membres bénéficiant chacun de droits de votes égaux. La composition du CPS est régie par les principes de la rotation et de la représentativité équitable. La répartition des sièges est faite de manière suivante : trois sièges pour l’Afrique australe, trois sièges pour l’Afrique centrale, trois sièges pour l’Afrique de l’Est, deux sièges pour l’Afrique du Nord et quatre sièges pour l’Afrique de l’Ouest. Il convient toutefois de souligner que si la création du CPS s’inscrit dans l’objectif de doter l’Afrique d’une structure crédible capable de résoudre les problèmes de paix et de sécurité qui frappent le continent ; le conseil apparaît comme un imitation imparfaite du conseil de sécurité des Nations Unies[xii].

Structure de l’Union Africaine

Source : Guide de l’Union Africaine 2020

Cette imitation imparfaite réside dans le fait que, contrairement au conseil de sécurité des Nations Unies, le CPS est l’organe subsidiaire de la Conférence de l’Union. En effet, la conférence, composée des chefs d’État et de gouvernement ou de leurs représentants, est l’organe suprême de l’Union africaine en vertu de l’article 6 alinéa 2 de l’acte constitutif. Par ailleurs, il n’existe point de dispositions équivalentes à l’article 12 alinéa 1 de la charte des Nations Unies qui répartie les pouvoirs entre l’assemblée générale et le conseil de sécurité[xiii]. La conférence en tant qu’organe suprême dispose d’un domaine réservé par défaut dans la mesure où, à l’instar du CPS, « [elle] prend ses décisions par consensus, ou à défaut, à la majorité des deux tiers des Etats membres de l’Union. Toutefois les décisions de procédure, y compris pour déterminer si une question est de procédure ou non, sont prises à la majorité simple »[xiv]. Dans une telle configuration, le CPS dispose certes de pouvoirs élargis mais il n’en a pas le monopole. Son action est limitée par la structuration de son mécanisme de sécurité collective car sa capacité à intervenir dépend de la volonté des États concernés. Lorsqu’ils sont confrontés à une éventuelle intervention de l’Union africaine, les États membres sont peu enclins à discuter de la situation d’un pays de peur que cela n’entraîne un précédent concernant des interventions dans leur propre pays[xv]. Les États restent encore attachés à leur souveraineté bien qu’ils aient adhéré à un mécanisme autorisant, suivant certaines conditions, une ingérence dans leurs affaires internes. Á cela, vient s’ajouter un principe de subsidiarité[xvi] qui souffre d’un manque de clarté et de précision.

En effet, la sécurité du continent ne relève pas du domaine exclusif de l’Union Africaine. Le protocole portant création du conseil de paix et de sécurité précise en son article 16 que les organisations régionales sont associées au traitement des tous les sujets relatifs à la stabilité du continent de façon générale et celle de leurs régions en particulier. L’alinéa 1(b) de l’article susmentionné indique en ce sens que : « le Conseil de paix et de sécurité et le président de la commission travaillent en étroite collaboration avec les mécanismes régionaux pour assurer un partenariat efficace entre [ledit conseil] et les mécanismes régionaux dans le domaine de la promotion de paix, de la sécurité et de la stabilité. Les modalités de ce partenariat seront basées sur leurs avantages comparatifs respectifs et les circonstances du moment »[xvii]

Si cette disposition reflète le caractère flexible de l’APSA car les activités des organisations régionales en matière de sécurité complètent le travail effectué par le CPS suivant la nature et le degré des tensions observées dans une région ; il convient toutefois de souligner qu’elle n’apporte aucune précision sur les situations pouvant entraîner l’engagement de l’Union africaine. L’usage du terme « avantage comparatif » renvoie à l’idée que dans l’hypothèse où plusieurs organisations sont engagées, il faudra comparer les atouts et les faiblesses de chacune d’entre elle avant d’en retenir une seule in fine. Un telle situation fragilise la capacité de l’Union africaine à agir prioritairement car le principe de subsidiarité pose des restrictions liées à une appréciation empirique des faits qui réduit l’Union africaine à un rôle d’observateur. Par conséquent, elle ne fait qu’agir en réaction et se retrouve privée de toute initiative dans la décision politique. La situation sécuritaire au Mozambique illustre parfaitement cette carence de l’Union dans la mesure où la réponse aux menaces liées au terrorisme et à l’extrémisme violent est dirigée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Le dispositif de l’APSA est loin d’être effectif dans cette région. Il en est de même en Afrique de l’Ouest où l’Union africaine est clairement concurrencée par des mécanismes ad hoc à savoir l’opération Barkhane[xviii], le G5/sahel[xix] et la force multilatérale mixte[xx] qui viennent répondre à une carence opérationnelle de l’APSA.

Cette carence se manifeste par une force africaine en attente (FAA) qui, répartie en différentes brigades dans les textes de l’Union, demeure inexistante sur les théâtres d’opérations. Le Colonel Elton Paul Nzaou précise, dans ce sens, que sa création relève d’une décision plus politique qu’une réalité opérationnelle[xxi]. La preuve en est que, lors de la crise survenue au Mali du fait de la progression des groupes terroristes vers le sud du pays, la FAA n’a guère été mise en action. L’Union africaine a plutôt procédé à la mise en place d’une mission internationale de soutien au Mali (sous conduite africaine) qu’elle transformera par la suite en mission onusienne appelée Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour le Mali – MINUSMA[xxii]. Cette transformation relève d’une stratégie d’extraversion qui consiste à faire des opérations de maintien de la paix un moyen de capter les financements nécessaires à la conduite de telles missions[xxiii].

La dépendance est érigée ici en mode d’action car les États membres de l’Union profitent de cette situation pour accroître leur capital politique c’est-à dire se doter d’un statut particulier sur le plan international et régional. Les États saisissent cette opportunité pour envoyer des troupes dans le cadre d’opérations de paix de sécurité car cela leur permet de renouveler leur matériel et surtout d’avoir accès à des ressources importantes au niveau de la rémunération de leurs soldats. Leur implication militaire dans une région permet aux dirigeants d’accroître leur emprise sur la vie politique et économique de leur pays sans que d’éventuelles critiques ne soient émises par les acteurs extracontinentaux qui apportent un soutien financier à ces différentes opérations[xxiv]. Ces derniers – si prompts à donner des leçons de gouvernance ou de démocratie – deviennent subitement aphones quand leurs « fournisseurs de sécurité » s’illustrent en tant que véritables pourfendeurs des idées qu’ils sont prêts à faire respecter, sous d’autres cieux, au prix de bombardements plus funestes que la dictature à détruire.

Quoiqu’il soit en soit cette stratégie d’extraversion fragilise le mécanisme de sécurité collective car toute transformation d’une mission africaine en mission internationale entraîne transfert de compétence auprès de l’organisation concernée. A supposer qu’il s’agisse de l’ONU, l’Union africaine perd tout contrôle politique de l’opération. Les stratégies et priorités sont désormais définies par cette organisation. L’Union africaine peut être consultée à certains égards mais elle ne possède plus l’initiative de l’action. C’est dans ce sens qu’un processus de réforme a été engagé au sein de l’institution en vue de corriger ces différentes insuffisances[xxv].

Ces réformes ont consisté à éliminer la fragmentation des domaines d’intervention de l’Union. Les États ont, dès lors, décidé de réduire le nombre de commissions. L’Union africaine passe ainsi de huit à six commissions. Cette réduction fut réalisée par la fusion des départements affaires politiques – paix et sécurité. En ce qui concerne l’indépendance financière, les États africains ont décidé de financer intégralement le budget opérationnel reparti de la manière suivante : soixante-quinze pour cent sont destinés aux programmes de l’Union tandis que les Vingt-cinq autres sont prévus pour les opérations de soutien de la paix. Ce budget est financé par l’établissement d’une taxe de 0,2 % sur les importations.

Si des progrès ont été accomplis dans la restructuration de la commission et dans l’établissement de nouvelles règles de financement, il convient cependant d’indiquer que des questions importantes n’ont pas été traitées. Il s’agit notamment de la réforme du conseil de paix et sécurité. En effet, si l’article 4 de l’acte constitutif de l’Union africaine indique que l’organisation fonctionne conformément au principe d’égalité souveraine des États, il convient toutefois de préciser cette disposition conventionnelle ne garantit pas une égalité de fait.

En effet, dans le domaine de la sécurité et de la défense, il existe des disparités entre les États. Celles-ci sont évoquées dans différents rapports relatifs aux dépenses militaires consenties par ces derniers en vue de renforcer leur système de sécurité et de défense. En Afrique, six États à savoir l’Algérie, l’Egypte, l’Angola, l’Afrique du Sud, le Maroc et le Nigéria cumulent à eux seuls plus de la moitié des dépenses militaires du continent[xxvi]. Ceux-ci sont donc amenés à jouer un rôle important dans l’opérationnalisation des mécanismes de sécurité de l’APSA d’autant plus que les pays susmentionnés sont les principaux contributeurs au budget de l’Union Africaine. Il est assez difficile de concevoir que ces pays possèdent un droit de vote équivalent à celui du Lesotho ou de l’Eswatini[xxvii].

 Il faudra donc réformer le processus décisionnel au sein du CPS sans toutefois récupérer le modèle du droit de véto du conseil de sécurité des nations unies. L’objectif ici n’est pas de promouvoir la suprématie d’un groupe d’États sur les autres. Il est possible d’envisager un modèle de votation qui tienne compte du budget militaire des États africains. Ainsi, une décision pourrait être adoptée au sein du CPS à condition que la majorité des États ayant voté représentent 55 ou 60 % de l’ensemble des budgets militaires des États membres de l’Union. D’autres conditions pourront éventuellement être définies en vue de garantir une prise de décision rapide capable de regrouper à la fois les puissances émergentes de la sécurité africaine et les petits États moins lotis dans ce domaine.

Par ailleurs, ces réformes n’ont pas envisagé la mise en place d’une politique commune axée sur l’industrie de la défense. Sur le continent africain, quelques États tels que l’Angola, le Nigéria et l’Ethiopie parviennent à produire leur propre équipement militaire[xxviii]. Cependant, il n’existe pas de complexe d’armement au niveau continental. Un programme de développement industriel axé sur la défense du continent est indispensable car il permet le développement et le renforcement des capacités d’armement nécessaires pour l’entrée en premier sur un théâtre d’opération.

Si la question du financement reste importante dans le cadre de l’effectivité de l’APSA, elle ne saurait supplanter des questions liées à l’organisation politique et au renforcement des capacités opérationnelles des États. En outre, ayant pleinement conscience des contraintes liées à la mise en œuvre d’une politique commune de sécurité et de défense ; les éléments sus évoqués devront être envisagés comme des pistes de réflexion pour l’établissement d’un mécanisme résolument orienté vers la quête de son autonomie stratégique.

Au moment nous écrivons cet article, l’histoire oriente nos regards vers l’ouest et plus précisément vers le pays qui demeure – à nos yeux- une référence fondamentale dans la quête d’une pleine et entière autonomie. Il s’agit d’Haïti qui, à l’époque où se déroulent ces évènements, fait partie de l’île de Saint Domingue. Du 4 au 24 mars 1802, eut lieu la bataille de la crête-à-pierrot. Les troupes de Toussaint Louverture et de Jean Jacques Dessalines mirent en échec tous les assauts de l’armée française venue rétablir l’esclavage. Bien que Dessalines ait ordonné à ses soldats d’évacuer le fort de la crête-à-pierrot après des jours de bombardements, cette bataille reste un fait d’arme remarquable car elle représente le premier appel à la guerre de libération sur l’île de Saint Domingue[xxix].

24 mars 2021, cette date vient nous rappeler qu’un peuple, si faible soit-il, ne peut être vaincu quand il est destiné à résister et à lutter contre l’ennemi. Il convient donc de s’inspirer de cette histoire haïtienne en vue de s’engager résolument vers la construction d’un système de défense qui puisse permettre aux États africains de se saisir prioritairement des questions de sécurité et de défense sans compter sur l’aide des autres puissances. Les récentes attaques terroristes survenues au Niger – attaques ayant coûté la vie à 137 personnes – montrent qu’il y a urgence à agir… et vite[xxx].

EPA

Amon Joane

[i] Kwame Nkrumah, l’Afrique doit s’unir, Présence Africaine, 1963. P.16

[ii] Op.cit. p.166

[iii] Sans oublier les entreprises et multinationales étrangères qui ont leur part de responsabilité dans ce climat de violence.

[iv] « L’UA en bref | Union africaine », consulté le 16/10/2019, https://au.int/fr/appercu.

[v] Déclaration solennelle sur la politique africaine commune de défense et de sécurité | http://www.peaceau.org/uploads/declaration-cadsp-fr.pdf consulté le 05/09/2019

[vi] Article 4(h) Acte constitutif de l’Union Africaine| http://www.peaceau.org/uploads/declaration-cadsp-fr.pdf consulté le 10/09/2019

[vii] Article 4(J) Acte constitutif de l’Union Africaine | http://www.peaceau.org/uploads/declaration-cadsp-fr.pdf consulté le 10/09/2019

[viii] Yves Alexandre Chouala, Puissance, Résolution des Conflits et Sécurité collective à l’ère de l’Union Africaine, Théorie et Pratique | https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/19_288-306.pdf consulté le 30/01/2020

[ix]  L’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), en ligne-African Union – Peace and Security Department », Union africaine, Département Paix et Sécurité, consulté le 18/03/2020, https://www.peaceau.org:443/fr/topic/the-african-peace-and-security-architecture-apsa.

 

[x] La Force Africaine en Attente est répartie en cinq brigades régionales à savoir la brigade de la communauté de développement d’Afrique australe, la brigade en attente d’Afrique de l’Est, la brigade en attente d’Afrique du Nord, la brigade de la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest et la brigade de la communauté économique des Etats d’Afrique centrale

[xi]Article 7« Protocole relatif à la Création du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine-African Union – Peace and Security Department.

[xii]Kahombo, Balingene. (2018). The Peace and Security Council of the African Union: Rise or Decline of Collective Security in Africa?. SSRN Electronic Journal. 10.2139/ssrn.3291306. Consulté le 20/04/2020

[xiii] Article 12 alinéa 1 de la charte des nations unies : « Tant que le Conseil de sécurité remplit, à l’égard d’un différend ou d’une situation quelconque, les fonctions qui lui sont attribuées par la présente Charte, l’Assemblée générale ne doit faire aucune recommandation sur ce différend ou cette situation, à moins que le Conseil de sécurité ne le lui demande »

[xiv] Article 7 de l’Acte constitutif de l’Union Africaine | | https://au.int/sites/default/files/pages/34873-file-constitutive_act_french-1.pdf  consulté le 12/08/2019

[xv] Rapport sur le Conseil de paix et de sécurité, Numéro 131 – Décembre 2020–Janvier 2021, https://issafrica.s3.amazonaws.com/site/uploads/pscreport-131-fr.pdf | consulté le 02/02/2021

[xvi] Le principe de subsidiarité désigne le fait de privilégier le niveau supérieur d’un pouvoir de décision si le niveau inférieur n’est pas en mesure de réaliser la compétence partagée

[xvii]Article 16 Protocole relatif à la Création du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine-African Union – Peace and Security Department

[xviii] Opération militaire menée par l’armée française dans toute la région du sahel

 

[xix]Le G5/Sahel est un cadre de coopération interétatique chargée d’assurer la sécurité et le développement de la région sahélienne. Il fut créé en 2014 lors d’un sommet extraordinaire organisé en Mauritanie. Sa mission : renforcer la coopération régionale en matière de développement, de gouvernance et de lutte contre le terrorisme. Il bénéficie en ce sens du soutien important de la France installée dans la région via l’opération Barkhane.

[xx] La Force Multinationale Mixte (FMM) fut créée par la commission du Bassin du Lac Tchad, une organisation réunissant le Cameroun, le Nigéria, le Tchad et le Niger. Sa mission : renforcer la coopération entre les États membres sur les questions relatives à la paix et la sécurité.

[xxi] Colonel Elton Paul NZAOU, la Force Africaine en attente Quelle opérationnalité, Etudes Africaines l’Harmattan,2016, 332 pages

[xxii] « Le Conseil de sécurité proroge d’un an le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) avec deux priorités stratégiques | Couverture des réunions & communiqués de presse », consulté le17/05/2020, https://www.un.org/press/fr/2019/cs13867.doc.htm

[xxiii]Nicolas DESGRAIS et Sonia LE GOURIELLEC, Stratégies d’extraversion : Les défis de la construction de l’Architecture africaine de paix et de sécurité Note de recherche stratégique n°28 – 22 juillet 2016 https://www.irsem.fr/data/files/irsem/documents/document/file/924/NRS_n28_2016.pdf | consulté le 12/04/2020

[xxiv] En guise d’illustration, nous pouvons évoquer la situation du Tchad qui est devenue un acteur majeur pour la communauté internationale en raison de son intervention armée au Mali mais également au Nigéria dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le président Idris Debi Itno a réussi à se forger une image positive auprès des acteurs extracontinentaux car son armée joue un rôle important dans sécurisation du sahel. Cette situation a permis au président tchadien de renforcer son autorité sur le plan national et surtout d’affirmer un leadership dans la sphère régionale.

[xxv] « Aperçu des réformes institutionnelles | Union africaine », consulté le 28/03/2020, https://au.int/fr/aureforms/apercu.

[xxvi] « Defense Spending by Country (2020) », consulté le 05/01/2020, https://www.globalfirepower.com/defense-spending-budget.asp. – le budget de défense cumulé de tous ces pays s’élèvent à trente-sept milliards de dollars.

[xxvii] Avec tout le respect que nous avons naturellement pour ces pays

[xxviii] « [Tribune] Quand l’Afrique fourbit ses armes – Jeune Afrique », consulté le17/03/2020, https://www.jeuneafrique.com/mag/786004/politique/tribune-quand-lafrique-fourbit-ses-armes/.

[xxix] Berthony Dupont, Jean Jacques Dessalines Itirénaire d’un révolutionnaire, l’Harmattan,2006 – p135-146

[xxx] « Un nouveau massacre fait plus de 130 morts au Niger : il y a urgence à agir », consulté le 25 mars 2021, https://www.courrierinternational.com/article/horreur-un-nouveau-massacre-fait-plus-de-130-morts-au-niger-il-y-urgence-agir.

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LES POLITIQUES ET DROITS D’INVESTISSEMENTS DES ÉTATS

L’Agenda 2063 constitue un cadre stratégique commun dans lequel les États membres de l’Union africaine se sont engagés à réaliser une croissance inclusive et un développement durable pour l’Afrique. La réalisation d’un tel objectif passe par la mise en œuvre de projets-phares tels que la création d’une zone de libre-échange continentale. Le 1er janvier 2021 constitue en ce sens une date historique car elle marque l’entrée en vigueur de l’AZELCA. Cependant, il convient de préciser que les États africains continuent de discuter sur un certain nombre de domaines liés à la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale. Il s’agit notamment des règles devant s’appliquer à l’investissement.

L’École Politique Africaine a décidé de se pencher sur cette question pour vous révéler les enjeux liés à l’adoption d’un nouveau protocole relatif à l’investissement dans le cadre de l’AZELCA.

L’AZELCA et les négociations sur le protocole relatif à l’investissement : Point de décorations… pas de brillante peinture sur une machine défaillante !

L’AZELCA désigne l’accord portant création de la zone de libre-échange continentale africaine. Cet accord a été signé lors du dixième sommet extraordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine le 21 mars 2018 à Kigali au Rwanda. Á la date du 5 février 2021, trente-six pays africains parmi les cinquante-quatre États signataires ont déposé leur instrument de ratification[i]. Le 1er janvier 2021 constitue une date historique car elle marque l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange continentale africaine. Les États ayant déposé leur instrument de ratification peuvent donc procéder à des échanges sous l’égide de cet accord. L’AZELCA s’inscrit donc dans un processus d’intégration économique continentale car l’objectif est de développer le commerce intra-africain, renforcer la compétitivité, soutenir la transformation économique et surtout créer un marché commun assurant une libre circulation des biens, des services et des investissements.

En ce qui concerne l’investissement, il convient de souligner qu’il constitue la seconde phase de la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale[ii]. En effet, l’AZELCA est un accord-cadre couvrant les domaines du commerce de services et des marchandises, les droits de la propriété intellectuelle, l’investissement et la politique de la concurrence. La première phase des négociations portait sur l’adoption du protocole relatif au commerce des biens des services. Ce dernier fut intégré à l’accord portant création de la zone de libre-échange continentale[iii]. La seconde phase des négociations porte désormais sur la politique de la concurrence, les droits de la propriété intellectuelle, le commerce électronique et l’investissement.

Le but de cette seconde phase de négociation est de parvenir à des projets de texte de protocole qui seront, par la suite, ratifiés par les États et intégrés à l’accord de zone de libre-échange continentale. Si le contenu du projet de protocole relatif à l’investissement est en cours de négociations, il reste toute même possible d’envisager le modèle qui sera bientôt adopté par les États.

En effet, il existe sur le continent des textes qui peuvent servir de modèle pour la mise en place du protocole relatif à l’investissement. Nous pouvons citer le code panafricain des investissements[iv] qui rompt avec l’approche classique des modèles utilisés par les États africains. Sous l’égide de ces accords, les investisseurs étrangers bénéficiaient de protections assez étendues car le libellé des dispositions relatives à la protection des investissements était peu détaillé. Ce défaut de précisions permettait une interprétation extensive des normes relatives au droit des investisseurs. Par ailleurs, ces modèles classiques mettaient l’accent sur les droits des investisseurs étrangers sans préciser leurs devoirs. Une telle situation avait une incidence sur la marge de manœuvre politique des États car la mise en place d’une nouvelle législation pouvait être contestée par l’investisseur étranger bien que celle-ci relève de la préservation de l’intérêt national[v].

Le code panafricain des investissements vient remettre en cause cette approche car il précise en son article premier que l’objectif est de protéger les investissements qui favorisent le développement de chaque État et en particulier celui dans lequel l’investissement est réalisé[vi]. Ainsi, en vertu de l’article 4 du code, tout investissement doit constituer une activité commerciale substantielle dans l’État membre où elle est réalisée[vii]. Cela signifie qu’elle doit être pourvoyeuse d’emploi et avoir un impact qualitatif sur l’économie locale[viii]. Á ce titre, les États hôtes et les investisseurs disposent d’obligations partagées. Les États membres ne doivent pas encourager l’investissement en assouplissant le droit du travail mais plutôt promouvoir et encourager le transfert et l’acquisition de technologies[ix]. Quant à l’investisseur, il est soumis à des obligations socio-politiques allant du respect de la souveraineté et de la législation à l’interdiction de toutes pratiques pouvant constituer des actes de corruption[x]. L’investissement n’est donc pas perçu comme un objectif en soi car le code susmentionné l’introduit comme un moyen permettant de parvenir à la réalisation des objectifs de développement durable. Á cet égard, Le code panafricain des investissements reconnaît aux États le droit de légiférer dans des secteurs considérés comme sensibles[xi]. Les États membres peuvent donc prendre des mesures discriminatoires pour des raisons de sécurité nationale et d’intérêt public. En termes de règlement des différends entre États membres ; et ceux entre investisseur étranger et L’État hôte, la priorité est accordée à des mécanismes de médiation, de négociation et à des centres africains publics ou privés de résolution des différends[xii]. L’arbitrage international n’est pas envisagée comme mode de règlement des litiges.

Ces éléments évoqués plus haut tendent à montrer que le continent africain est doté d’instrument moderne orienté vers la recherche d’un équilibre entre les droits de l’État hôte et les devoirs de l’investisseur. C’est ainsi que des principes tels que « le traitement juste et équitable »[xiii] et « la protection et la sécurité intégrales » ne sont point évoqués dans ce code car leur libellé entraîne une interprétation extensive au profit de l’investisseur. Une telle approche aura sans doute une influence sur les négociations du protocole d’investissement dans le cadre l’AZELCA dans la mesure où des communautés économiques régionales se sont inscrites dans ce nouveau paradigme bien avant l’élaboration du code panafricain d’investissement. En guise d’illustration, il convient d’évoquer le modèle de traité bilatéral d’investissement mis en place par la SADC[xiv] en 2012. Celui-ci dispose en son article 20 que 

« l’État hôte a le droit de prendre des mesures réglementaires ou autres pour faire en sorte que le développement sur son territoire soit compatible avec les objectifs et principes de développement, et avec d’autres objectifs de politique économique »

[xv]. Ces mesures peuvent prendre la forme de traitement préférentiel accordé par l’État en vue d’atteindre des objectifs de développement national ou sous-régional[xvi]. S’agissant du règlement des différends, il convient de noter que le traité bilatéral d’investissement signé entre le Maroc et le Nigéria s’inscrit dans la même lignée que le code panafricain des investissements car il accorde la priorité à des mécanismes de consultations de négociations assurés par un comité mixte avant que ne s’exerce tout recours juridictionnel ou n’intervienne une procédure d’arbitrage international[xvii].

Cette procédure doit être transparente. Le public doit avoir accès aux observations écrites, mémoires, conclusions et sentences arbitrales[xviii]. Le volet transparence qui ne figure pas dans le code panafricain devra être évoqué lors des négociations sur le protocole d’investissement de l’AZELCA car il constitue une avancée dans la publicité des normes. Cela permet d’éviter l’asymétrie d’informations entre les citoyens, les opérateurs économiques et les États.

Au niveau étatique, l’Afrique du Sud a entrepris une réforme de sa législation relative à l’investissement direct étranger. Cette réforme a pour objectif d’intégrer un mécanisme de filtrage des projets d’investissement dans des secteurs considérés comme stratégiques. Il s’agit entre autres du secteur des transports, de l’eau, de l’électricité et des infrastructures. Cette réforme consiste à mettre en place un comité nommé par le Président de la République. Ce comité sera habileté à confirmer ou annuler une procédure de fusion impliquant l’acquisition par un investisseur étranger en se fondant sur une liste d’intérêts relevant du domaine de la sécurité nationale[xix].

Tous ces éléments combinés montrent que les négociations sur le protocole de l’investissement dans le cadre de l’AZELCA sera influencée par ces différentes approches qui – pour la plupart d’entre elles – tendent à accorder une flexibilité politique aux États africains sans remettre considérablement en cause les droits des investisseurs étrangers. Au cours de ces négociations, un arbitrage devra donc être effectué entre facilitation des investissements intra-africains et faculté des États à protéger des secteurs considérés comme stratégiques.

Á ce stade de notre propos, il convient de préciser que le futur protocole relatif à l’investissement devra renforcer le processus d’harmonisation des États ayant ratifié l’AZELCA. En effet, le code panafricain des investissements indique que les Etats membres peuvent harmoniser les incitations aux investissements conformément aux normes prescrites par l’Union africaine. Ces normes sont liées aux questions de développement durable et aux obligations socio-politiques des investisseurs.

En reprenant ces différentes normes, le nouveau protocole devra indiquer les mécanismes permettant de garantir leur respect et leur effectivité. Á défaut, celles-ci seront réduites à un catalogue de bonnes intentions ; une brillante peinture posée sur une machine défaillante. L’absence de mécanismes garantissant le respect de ces normes entrainerait, par exemple, une mise en concurrence des marchés du travail où celui qui l’emporte s’illustre dans le moins-disant social. La solidarité entre les forces de travail africaines va disparaître au profit d’une concurrence de tous contre tous où les perdants seront les classes populaires[xx]. Nous regrettons ainsi l’exclusion des syndicats africains des négociations portant sur le protocole relatif à l’investissement[xxi]. Leur participation aurait permis d’envisager les questions liées à l’harmonisation du coût du travail et à la protection des salariés sur le contient.

Les négociations sur ces questions auront sans doute retardé la mise en œuvre de l’AZELCA mais elles demeurent nécessaires pour la construction d’une zone économique plus respectueuse du bien-être social des travailleurs. Quant à l’harmonisation des politiques d’incitation, les États devront nécessairement s’accorder sur la mise en place d’un organe chargé de contrôler leur conformité au développement social et économique des populations africaines. Leur violation devra être sanctionnée par une juridiction continentale pouvant être saisie directement par les citoyens[xxii].

Si la mise en place en place d’une zone de libre-échange constitue une étape importante pour l’intégration africaine, il convient de préciser que cette intégration ne doit guère se réaliser au détriment du bien-être social des peuples. Une Afrique prospère ne peut être envisagée sans tenir compte des disparités qui existent entre les nations africaines. Par conséquent, l’enjeu de cette seconde phase de négociations va au-delà des questions relatives à la promotion des investissements intra-africains et la protection des intérêts nationaux des États.

Cette seconde phase permet donc de remettre la question sociale au centre des discussions et surtout les moyens permettant aux citoyens de garantir le respect de leur droit. Cela mettra sans doute du temps avant que l’on ne parvienne à trouver un texte qui établisse des règles communes et viables ; mais l’objectif ici, n’est pas de rattraper un quelconque retard. Il s’agit d’agir collectivement pour le bien-être des peuples. 

EPA

Amon Joane

Bibliographie

[i] « Status of AfCFTA Ratification – tralac trade law centre », consulté le 10 mars 2021, https://www.tralac.org/resources/infographic/13795-status-of-afcfta-ratification.html.

[ii] « L’an 1 de la ZLECAf: le chemin parcouru et le chemin vers le lancement de la phase opérationnelle | African Union », consulté le 10 mars 2021, https://au.int/ar/node/36753.

[iii] Voir pages 18 et 32 de l’AZELCA – disponible en ligne : https://au.int/sites/default/files/treaties/36437-treaty-consolidted_text_on_cfta_-_fr.pdf – il convient toutefois de souligner que les négociations sont au cours en ce qui concerne la phase I. Elles portent sur les règles d’origine pour les biens, la liste des engagements spécifiques pour les services et les concessions tarifaires.

[iv] Le code panafricain des investissements a été élaboré en 2016 par un comité d’expert de l’Union africaine. Ce code n’est pas un texte juridiquement contraignant pour les États. Néanmoins, il permet d’avoir un aperçu sur l’approche panafricaine de la protection internationale des investissements.

[v] Nous pouvons évoquons à ce stade l’affaire Foresti contre république d’Afrique du Sud. En l’espèce, un groupe d’investisseurs italiens avait contesté la mise en œuvre de la loi sudafricaine sur le développement des mines et du pétrole et l’introduction de d’exigences de cessation obligatoire d’action en ce qui concerne les parts des investisseurs dans certaines sociétés d’exploitation. Ces différentes dispositions comportaient en leur sein des éléments relevant de la black economic empowerment, un programme mis en place par le gouvernement sud-africain afin de rectifier les inégalités créées par l’apartheid. Les investisseurs italiens vont contester les dispositions évoquées plus haut au motif qu’elles violent le traitement juste et équitable en accordant une préférence à une partie des citoyens sud-africains quant à l’acquisition de parts dans l’industrie minière. Cette affaire a constitué un tournant dans le domaine de l’investissement de l’Afrique du Sud car elle a permis au gouvernement de prendre conscience du fait que certains aspects de sa politique nationale peuvent être contrariés par les traités bilatéraux d’investissements dans lesquels il est engagé |« Foresti v. South Africa | Investment Dispute Settlement Navigator | UNCTAD Investment Policy Hub », consulté le 15 février 2021, https://investmentpolicy.unctad.org/investment-dispute-settlement/cases/262/foresti-v-south-africa.

[vi] Article premier code panafricain d’investissement – page 3

[vii] Article 4 du code – pages 4 et 5

[viii] « Le code panafricain des investissements – NGABAN-DIBOLEL », consulté le 7 février 2021, https://www.revues.scienceafrique.org/ngabandibolel/texte/serrurier2019/.

[ix] Article 34 du code – page 20

[x] Voir les articles 20 à 24 du code – pages 15 et 16.

[xi] Le code parle de secteurs d’investissements programmés – voir Article 18 du code page 14.

[xii] Articles 41 et 42 du Code – page 22

[xiii] L’Afrique du Sud a supprimé au traitement juste et équitable de sa législation pour mettre en place un nouveau principe : « fair administrative treatment ». Contrairement au traitement juste et équitable, celui-ci est beaucoup plus précis car il renvoie strictement à l’obligation pour l’État sud-africain de rendre public ses décisions des sorte à éviter l’arbitraire lors de l’application d’une disposition règlementaire ou législative. Voir Act No. 22 of 2015 : Protection of InvestmentAct,2015 – Section 6

[xiv] Communauté de développement des États d’Afrique australe

[xv][xv] Article 20 SADC Model BIT “In accordance with customary international law and other general principles of international law, the Host State has the right to take regulatory or other measures to ensure that development in its territory is consistent with the goals and principles of sustainable development, and with other legitimate social and economic policy objectives” | La CEDEAO et la COMESA possèdent des dispositions similaires à la SADC – voir dans ce sens article 37 et 38 of Supplementary Act A/Sa.3/12/08 Adopting Community Rules On Investment And The Modalities For Their Implementation With Ecowas et article 22.1 of the Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA)

[xvi] Article 21 SADC Model BIT

[xvii]Article 4 of Reciprocal Investment Promotion and Protection Agreement Between the Government of The Kingdom of Morocco And the Government of the Federal Republic of Nigeria | disponible en ligne: https://investmentpolicy.unctad.org/international-investment-agreements/treaty-files/5409/download – consulté le 10/02/2021

[xviii] Article 10(5) of Reciprocal Investment Promotion and Protection Agreement Between the Government of The Kingdom of Morocco And the Government of the Federal Republic of Nigeria

[xix] « South Africa – Competition Amendment Act, 2018 | Investment Laws Navigator | UNCTAD Investment Policy Hub », consulté le 24 janvier 2021, https://investmentpolicy.unctad.org/investment-laws/laws/265/south-africa-competition-amendment-act-2018.

[xx] Jean Nanga, « Zone de libre-échange continentale africain : Quel panafricanisme ? (Partie 2 sur 3) », CADTM, consulté le 18 mars 2021, https://www.cadtm.org/Zone-de-libre-echange-continentale-africain-Quel-panafricanisme-Partie-2-sur-3.

[xxi] « Les Syndicats Africains Veulent Un Accord de Libre-Échange Inclusif », IndustriALL, 27 mai 2019, http://www.industriall-union.org/fr/les-syndicats-africains-veulent-un-accord-de-libre-echange-inclusif. consulté le 18 mars 2021

[xxii] Si la cour africaine des droits de l’homme et des peuples constitue à nos yeux l’institution pouvant remplir un tel rôle, force est de constater que son autorité n’est pas reconnue par tous les États du continent. En effet, sur les Cinquante-cinq États membres de l’Union africaine, seuls dix ont accepté la compétence de la cour.

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« POUR CHAQUE CATÉGORIE DE PERSONNES, TROUVEZ-VOUS QU’ELLES SONT TROP NOMBREUSES EN FRANCE ? »

« Pour chaque catégorie de personnes, trouvez-vous qu’elles sont trop nombreuses en France ? »

Difficile de passer à côté du sondage Ifop publié il y a quelques jours.

On pourrait croire à une mauvaise blague. Eh bien non ! Pire encore, lorsqu’on lit les différentes catégories nommées, on voit un enchevêtrement de tout et rien à la fois. Religions, couleur de peau, groupe ethnique et pour être sûrs de n’épargner personne, il y a même la catégorie « étrangers en général ». Personne n’est exempté !

Quelle ironie pour une société qui se dit égalitaire, non discriminante et dans laquelle toute considération de race est censée être proscrite. « (…) trop nombreuses en France » Est-il nécessaire de souligner l’aspect ubuesque de la formulation ? À  partir de combien de membres ces catégories sont-elles admises ? Et sous quelles conditions ? Les prochaines lignes et la réflexion concernent uniquement la catégorie « des Noirs », pour reprendre les termes du sondage.

Le Noir en France, pour être accepté est acceptable doit, selon les mass-médias, être intégré voire assimilé. L’emploi de ces termes n’interpelle que rarement. C’est la raison pour laquelle je m’y attarderai.

L’utilisation du terme «catégorie», ou l’art de classer des individus selon un caractère racisé

Par « catégorie », entendez également « communauté ». Partons d’un constat simple. Lorsque les médias mainstream et les élites politiques  évoquent  la communauté noire, la charge émotionnelle est souvent, pour ne pas dire systématiquement,  négative : banlieue, délinquance, pauvreté, échec, migrants et j’en passe !

Avant d’entrer dans le vif du sujet, définissons le terme « communauté ».  C’est un  «  Groupe social dont les membres vivent ensemble (…) ont des intérêts communs. (…) Ensemble de personnes de même origine nationale, ethnique (…) Ensemble de personnes présentant des points communs[1]. (…) » D’après le sondage, le concept de race suffit à catégoriser les individus. Ces derniers forment donc un groupe, qui du simple fait de leurs couleurs, rend celui-ci assez uniforme et homogène pour être considéré comme un ensemble indissociable.

On parle de quoi ? De troupeaux ? De clones ? Ou d’individus à part entière ?

Au vu de ces considérations, cela nous laisse penser que nous, les Noirs, avons tous le même comportement, la même éducation, les mêmes caractéristiques physiques, les mêmes croyances religieuses, spirituelles, les mêmes idéologies, la même manière de parler, le même langage, les mêmes aspirations, les mêmes objectifs, la même volonté, etc. Est-ce le cas ?

Quoi qu’il en soit, pour les personnes interrogées, ces nuances, n’ont, en fin de compte aucune importance voire aucune existence.

D’ailleurs, qu’est-ce qu’un vrai Français selon les personnes interrogées ? Doit-il être caucasien, Français de naissance et laïc ?

Dans quelle catégorie les Noirs, qui sont Français de fait, sont classés ?

En tant que Français mais Noirs  ?

Des Français « catégorisés » ?

Des noirs résidant en France ? Des immigrés ?

Je m’interroge et je vous invite à le faire également.

Quelles sont les conditions pour que la « catégorie des Noirs » soit acceptée en France ?

L’intégration, première condition pour que la catégorie « des Noirs » soit acceptée

En consultant les articles, les débats et les reportages relatifs à la thématique, deux concepts reviennent systématiquement : intégration et assimilation.Historiquement, il est intéressant de savoir que le terme « intégration » a été introduit au sein des discours politiques dans les années 1980. Littéralement, que veut dire « intégration[2] » ?

  • « action de faire entrer dans son ensemble ».
  • «Opération par laquelle une personne s’adapte, s’incorpore à un nouveau milieu ».  L’ exemple choisi est parlant « l’intégration de ces immigrants est réussie ».

Plusieurs termes attirent mon attention.

1- « s’adapte »

Il est évident que pour survivre, l’être humain doit s’adapter à son milieu naturel. Cela parait réducteur mais c’est factuel.

Explications.

Un esquimau ne se promène pas sur la banquise en claquettes et en maillot de bain. Nous sommes d’accord ? C’est du bon sens.

Autre exemple. Lorsqu’une personne originaire de Zanzibar voyage à Lille, elle portera des vêtements qui la protégeront du froid et de la pluie. Différence de climat oblige.

L’adaptation est partie intégrante de la vie d’un être humain et permet la survie. En outre, elle répond, contrairement à l’intégration, à un besoin physiologique.

L’intégration quant à elle, sous-tend quelque chose de plus lattant… de plus pernicieux.

 2- « s’incorporer »

Synonyme : mélanger. Je n’insulte pas votre intelligence mais je définis rapidement ce terme, histoire que nous soyons sur la même longueur d’onde. Il s’agit d’ « intégrer des choses différentes pour former un tout (…) ou confondre, prendre une personne pour un autre [3] ».

Intéressant, non ?

La finalité de l’incorporation ou du mélange, est l’effacement de toute différence. À tel point que l’objet A doit être identique, confondu à l’objet B.

Pour être acceptable, le Noir doit être confondu au tout, à l’ensemble. À l’autre qui n’est pas lui.

 Biologiquement -et visuellement- il est difficile de confondre un Camerounais et un Breton. Il existe des différences et c’est normal. Il y a des contrastes entre un Corse et un Auvergnat. Mais ces divergences sont acceptées.

Le cœur du débat est là. Certaines dissimilitudes sont jugées acceptables et d’autres pas.

Plusieurs questions me viennent à l’esprit ; faut-il être identiques pour être égaux ? À qui demande-t-on de s’intégrer ? Sur quel principe certains contrastes sont jugés acceptables ou pas ? On en parlera peut-être une prochaine fois. Revenons à nos moutons.

Objectif ultime, l’assimilation des Noirs

Nicolas Sarkozy, à propos de l’assimilation, « Il va falloir reprendre le grand travail de l’assimilation républicaine ». Historiquement, il est important de souligner, que ce terme a été employé en France, pour parler des peuples issus de ses colonies.

Quels sont les processus de l’assimilation ? Soit par « intégration complète dans un autre être (…) soit par comparaison[4] ». Tiens, parlons de comparaison. Quelle est la différence entre un « expatrié » et un « immigré » ?

Un expatrié est un « individu résidant dans un autre pays que le sien ». Et un immigré ? « se dit d’une personne qui vient habiter un pays après avoir quitté le sien[5] ».

Deux faits analogues, deux actions identiques. Vous êtes toujours avec moi ? Donc, nous avons dans les deux cas, un individu quittant sa patrie pour en intégrer une autre.

Deux faits identiques, mais deux termes à connotation différente.

Pourquoi utiliser deux mots distincts pour une même réalité ?

Autre fait intéressant. Les catégories nommées lors du sondage sont entre autres :  « Chinois », « Maghrébins », « Noirs », « étrangers de façon générale », etc.

À quel moment parle-t-on de la communauté blanche ?

S’il existe des communautés minoritaires, il existe une catégorie majoritaire : la communauté blanche. On a tendance à l’oublier. Cette catégorie, si rarement nommée, est la plus importante et la plus représentée en France. Je ferme la parenthèse. Revenons à la notion d’assimilation = rendre semblable. J’irai droit au but. Ce qui est recherché et souhaité est que l’étranger, le Noir, soit confondu, assimilé à l’ensemble.

Sommes-nous face à un choix ? Rester dans cette catégorie, ou accepter l’assimilation ?

Si nous acceptons ce dilemme, la mutation s’effectue. L’entité nous assimile. Nous nions notre individualité, notre histoire, notre essence pour s’abandonner au tout. Nous cédons notre liberté. En outre, l’assimilation entraîne la déconstruction, pour ensuite reconstruire l’individu par copie, pour que cette nouvelle entité fasse partie du tout.

On assiste ni plus ni moins à la disparition de la forme première. Vous devenez l’autre.

À moins d’être névrosé, vous ne pouvez pas être vous et être l’autre en même temps. Quel est l’enjeu ? Garder l’intégrité de la majorité et effacer toutes diversités. Un rapport de force tente d’être instauré. Entendez-vous cet élitisme racial ?

À présent, je vous cède la parole  :

  • Devons-nous accepter ce jeu racial ?
  • Selon vous, la différence est-elle un danger ?

Quelles que soient vos réponses, ne laissez pas les autres vous définir.

Tant que vous n’êtes  un danger pour l’intégrité physique de quiconque, aucun groupe, aucun être, aucun facteur exogène ne doit vous imposer ses standards.

La devise de la France, n’est-elle pas « Liberté, égalité, fraternité » ?

A l’École Politique Afrique nous vous invitons à :

  • assumer votre singularité
  • à vous libérer de tout déterminisme social
  • à vous émanciper de tout plafond de verre.

La devise de la France, n’est-elle pas « Liberté, égalité, fraternité » ? Assumez votre singularité, et ensemble, visons l’excellence.

À la semaine prochaine !

Par Lou B.

Mars 2021.

 

École Politique Africaine
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92000 Nanterre
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Inscription : inscription@ecole-politique-africaine.fr
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La quête de sens à l’École Politique Africaine

LA QUÊTE DE SENS Á L’ÉCOLE POLITIQUE AFRICAINE

La quête de sens à l’École Politique Africaine

À la recherche de valeurs communes

L’École Politique Africaine (« EPA ») est le premier établissement de ce type en Métropole. Sa volonté est claire. Elle a vocation à créer et former les acteurs de demain. Son objectif est de se rassembler autour de valeurs et de projets communs et capitaliser sur nos différences.

L’École se veut se fédératrice.

« L''École Politique Africaine est un livre blanc, sur lequel j’invite tous ceux qui le souhaitent, à écrire le futur de cette nouvelle Afrique. » dixit Gédéon Prégnon Okrou

Quelles sont les valeurs autour desquelles l’ EPA se construit ? Nous croyons que toute personne a un don Découvrez-le vôtre À l’ EPA, nous partons du postulat que toute personne a un DON.!

Si le terme « don » vous contrarie, entendez « capacité », « aptitude », « talent », « aisance ». Ces mots signifient sensiblement la même chose. Quelle que soit l’appellation que vous choisissez, partez du principe que chaque individu possède une aptitude remarquable, au sens premier du terme.

Il n’est pas question de vous comparer aux autres, en ayant des pensées limitantes telles que « je n’ai rien de particulier », « je n’ai pas de capacités extraordinaires », « je n’ai pas ci, je n’ai pas ça », « je ne suis pas capable de », etc. Je vous arrête tout de suite. Quel que soit votre passé, votre présent, votre niveau d’étude, votre absence d’études, vous disposez d’une capacité, de compétences, d’habilités particulières. Comment découvrir quel sont le vôtre ?

Vous devez vous voir, vous observer. In fine, vous devrez vous rencontrer et vous connaître. Ne cherchez pas à vous diminuer. Voyez-vous tel(le) que vous êtes. Voyez votre potentiel.

Quel que soit votre don, embrassez-le. Donnez-vous, donnez-nous l’opportunité de le sublimer !

À l’École Politique Africaine, nous croyons que chaque individu jouit de ressources qui lui permettront d’exceller dans un domaine, de réussir son projet. Il n’est pas question de vous faire jouer “un rôle”, mais de vous aider à vous révéler. Votre don au service de votre mission

La connaissance de votre don, de votre Soi, vous permettra de définir : quelle est votre mission ? Quel est votre projet ?

Qu’entendons-nous par “mission” ? La mission sous-entend qu’il y a un ensemble d’actions à mener pour atteindre un objectif. L’École Politique Africaine vous accompagne dans ce dessein. De façon extrêmement simple, il est question de découvrir ce que vous souhaitez accomplir.

L’ École Politique Africaine est ouverte à tous ceux qui souhaitent s’éveiller et se révéler.

« Si vous n’avez pas confiance en vous, vous êtes vaincu deux fois dans la course à la vie ».

Marcus Mosiah Garvey (1887-1940)

Ensemble, visons l’excellence.

Rédigé par Lou B.

Mars 2021

Portrait of young afro-american woman thinking while sitting outdoors on stairs with notebook and pen.

POURQUOI Y A-T-IL PLUS DE FEMMES A L’ÉCOLE POLITIQUE AFRICAINE ?

Notez qu’on ne parlera pas de “genre” mais de “sexe”. En effet, le “genre” correspond à une vision eurocentriste. En outre, les observations menées concernent la France métropolitaine. 

La journée du 8 mars est consacrée à la Femme. Profitons-en pour célébrer son évolution au sein de la Société, la perception que les hommes ont d’elle, mais surtout la vision que la Femme porte sur elle-même et ses capacités !

Ce bilan  est-il propre à l’École Politique Africaine, ou s’étend-il  à l’Enseignement Supérieur dans sa globalité ? Selon le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, on compte 56% d’étudiantes en France. Comment expliquer cela ?

Première hypothèse : la femme est-elle une meilleure gestionnaire ? La Femme,  une meilleure gestionnaire ?

Il est communément admis que dans les sociétés patriarcales, la femme a longtemps été considérée comme limitée à la gestion du foyer. La seule légitimité dont elle jouit est astreinte aux tâches ménagères et à l’organisation de la famille. “Fiançailles-mariage-enfants”. Elle porte les enfants physiquement, dans sa chaire, mais également symboliquement en les élevant. Les tâches qui lui sont réservées sont des tâches de gestion, tournées vers autrui.

Selon le Ministère de l’Enseignement Supérieur, les étudiantes sont plus représentées dans les matières dites “relationnelles” ; telles que les sciences humaines et les sciences sociales.

Le 28 avril 2020, Forbs a rédigé une thèse selon laquelle les femmes sont de meilleures gestionnaires que les hommes. Inutile de préciser que cette thèse fut accueillie de façon mitigée. De nombreux opposants ont affirmé qu’il est absurde de soutenir de tels propos. Il est donc légitime se poser deux questions.

– les capacités et les aptitudes sont-elles sexuées ?

– le choix d’orientation en Enseignement Supérieur est-il sexué ?

Il n’est pas question de sexe mais de déterminisme social

La question est la suivante : pourquoi y a-t-il moins d’étudiantes dans les matières dites “sciences dures” ? On ne peut décemment pas répondre à cette question en affirmant que les compétences et aptitudes sont intrinsèquement liées et limitées au sexe.

Par contre, quel organe forme les Hommes et les femmes depuis le plus jeune âge ? L’école. Qui n’a pas entendu que “tel métier est réservé aux hommes, tel métier est réservé aux femmes” ? Si vous n’avez rien entendu de tel, estimez-vous chanceux. Au vu de ces observations, on peut considérer que l’école a, pendant longtemps, formé et éduqué de façon sexuée. Les sciences dites “dures” étaient réservées aux hommes, tandis que les sciences “molles” étaient l’apanage des femmes. La terminologie même, rappelle le clivage “sexe fort / sexe faible”.

Cette constatation explique la sous-représentation des femmes dans l’enseignement supérieur, dans des filières dites “scientifiques”, entendez sciences dures. Considérant ce que nous venons d’observer, le déterminisme social serait donc un frein quant à l’ambition des étudiantes. D’accord…

Mais comment expliquer la présence majoritaire de femmes à l’École Politique Africaine, qui est rappelons-le, est une école politique et a pour vocation à former des leaders.

Affirmation de Soi

S’inscrire à l’École Politique Africaine est un manifeste de la volonté d’implication et de jouir d’un rôle important au sein de la cité (au sens propre). On assiste à l’affirmation et l’émancipation des Femmes. Il n’est plus question d’être une simple gestionnaire. Nous sommes témoins d’un changement de statut : de gestionnaire à celui de décisionnaire.

Je tiens à rappeler un fait. Lorsque la femme était uniquement considérée en tant que maitresse de maison,  en réalité celle-ci était chargée de la cité. Je m’explique.

Selon Singly, “la famille est un organe secondaire de l’État”. En fonction du paradigme adopté, ces propos sont fortement contestables, mais là n’est pas le sujet… Ce qu’il faut retenir est que la famille est un organe de l’État. Bien qu’elle soit considérée comme une instance secondaire, elle est partie intégrante de cette entité.

De façon indirecte, la femme jouait un rôle important quant à la vie de la Cité. Ainsi, même pendant ces heures de “gestionnaires”, la femme participait au fonctionnement de l’État. Elle n’a jamais été exclue mais reléguée au second plan. D’où l’expression “derrière chaque grand homme se cache une femme”. Cette citation est longuement restée d’actualité, mais ne jouit d’aucune pertinence désormais ! Volonté d’expression et de puissance

Pour conclure, les étudiantes qui s’inscrivent à l’EPA se sont non seulement émancipé de toutes considérations limitantes et manifestent surtout leurs volontés de puissance, leurs volontés de s’inscrire dans un projet plus grand et devenir actrices des changements significatifs. Ce qu’il faut retenir ? Émancipons-nous des pensées limitantes, et visons l’excellence !

 Rédigé par Lou B.

Mars, 2021.

valeur-epa

L’ÉDUCATION DES AFRICAINS ET DES AFRO-DESCENDANTS : LA VALEUR AJOUTÉE EPA

Sous le joug d’une certaine matérialité capitaliste, l’éducation contemporaine des
Africains et in extenso des Afro-descendants s’est notamment articulée avec les
influences de Booker Taliaferro Washington et de William Edward Burghardt Du Bois
dit « W. E. B. Du Bois ».

Historiquement, rappelons brièvement que, pour faire réussir
les Noirs, B.T.Washington avait une approche par le travail manuel, misant sur
l’éducation industrielle, artisanale, technique et spécialisée.

A contrario, W.E.B. Du Bois préférait s’appuyer sur le travail intellectuel, misant plutôt sur une éducation
académique (philosophie, histoire, sciences, etc.) et libérale.

Vers une éducation englobant la culture noire idiosyncrasique

Dans l’éducation occidentale à l’instar de l’Angleterre, il est constaté que « dans
l’enseignement public, la culture afro-caribéenne est ignorée ou présentée comme
négative ». En réponse à cela, à Liverpool et Birmingham par exemple, l’école Elimu
(académie, en swahili) a été « l’accélérateur de conscience Afro-descendante pour vous
et votre famille
» de sept 1998 à juillet 2005 par sa fondatrice Gloria Hyatt.

En France nous ne sommes pas à une situation extrême, comme aux USA : « Dans le
Sud, en 1988, 43,5 % des élèves noirs fréquentaient un établissement à majorité de
Blancs. En 2011, ils n’étaient plus que 23,2 %. Une tendance qui ne se limite pas au Sud :
dans la ville de New York, 81,7 % des Noirs sont inscrits dans des écoles avec moins de
10 % de Blancs. »

Au Royaume-Uni, « face aux statistiques – les élèves noirs sont six
fois plus souvent exclus de l’enseignement public que les autres – la demande de lieux
éducatifs spécifiques s’amplifie en Grande-Bretagne, où le communautarisme se
banalise ».

Concernant les Noirs natifs et diasporiques français qui ont leur diplôme en poche, on
remarque que : « Dans un test, nous avons utilisé une photo d’un candidat factice
antillais, de peau noire, aux nom et prénom ne signalant nullement une origine
africaine. Pour un poste commercial, il obtient 25% de réponses en moins que par
rapport à un candidat blanc de peau ».

Une solution : l’École Politique Africaine – EPA !

De surcroît, le phénomène de l’école à la maison “homeschooling” soulignée depuis 5
ans aux États-Unis[6] est renforcée par la situation pandémique du coronavirus, dans
ses mutations en apprentissage distanciel.

En intégrant l’EPA, vous pouvez « comprendre les enjeux, apporter des solutions pour
contribuer au développement de l’Afrique » et de vous-même bien sûr.
EPA – École Politique Africaine

ENSEIGNER POUR ACCOMPLIR !

EPA

Amon Joane

Bibliographie et Webographie :

👉 [1] Turenne Myrtho Cangé, La Mauvaise Éducation du Nègre, traduit de
l’anglais (États-Unis) de Carter Godwin Woodson par T. M. Cangé, Afromundi,
2012, page 8
👉 [2] Ecole pour Noirs – L’Express, publié le 8 mai 2003
👉 [3} https://www.elimu.education/
👉 [4] États-Unis : ces écoles où les Noirs ne sont pas les bienvenus – Le Point ,
publié le 13 septembre 2017
👉 [5] Jean-François Amadieu, Le DRH : Le livre Noir, éditions du Seuil, 2013,
page 31
👉 [6] Etats-Unis : des parents noirs déscolarisent leur enfant pour les protéger
du racisme – Magicmaman.com, archives janvier à mars 2015
👉 [7] AJ+ Français, Comment rendre les systèmes éducatifs africains plus
efficaces ? Comment rendre les systèmes éducatifs africains plus efficaces ?
(facebook.com)

École Politique Africaine
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