« POUR CHAQUE CATÉGORIE DE PERSONNES, TROUVEZ-VOUS QU’ELLES SONT TROP NOMBREUSES EN FRANCE ? »

« Pour chaque catégorie de personnes, trouvez-vous qu’elles sont trop nombreuses en France ? »

Difficile de passer à côté du sondage Ifop publié il y a quelques jours.

On pourrait croire à une mauvaise blague. Eh bien non ! Pire encore, lorsqu’on lit les différentes catégories nommées, on voit un enchevêtrement de tout et rien à la fois. Religions, couleur de peau, groupe ethnique et pour être sûrs de n’épargner personne, il y a même la catégorie « étrangers en général ». Personne n’est exempté !

Quelle ironie pour une société qui se dit égalitaire, non discriminante et dans laquelle toute considération de race est censée être proscrite. « (…) trop nombreuses en France » Est-il nécessaire de souligner l’aspect ubuesque de la formulation ? À  partir de combien de membres ces catégories sont-elles admises ? Et sous quelles conditions ? Les prochaines lignes et la réflexion concernent uniquement la catégorie « des Noirs », pour reprendre les termes du sondage.

Le Noir en France, pour être accepté est acceptable doit, selon les mass-médias, être intégré voire assimilé. L’emploi de ces termes n’interpelle que rarement. C’est la raison pour laquelle je m’y attarderai.

L’utilisation du terme «catégorie», ou l’art de classer des individus selon un caractère racisé

Par « catégorie », entendez également « communauté ». Partons d’un constat simple. Lorsque les médias mainstream et les élites politiques  évoquent  la communauté noire, la charge émotionnelle est souvent, pour ne pas dire systématiquement,  négative : banlieue, délinquance, pauvreté, échec, migrants et j’en passe !

Avant d’entrer dans le vif du sujet, définissons le terme « communauté ».  C’est un  «  Groupe social dont les membres vivent ensemble (…) ont des intérêts communs. (…) Ensemble de personnes de même origine nationale, ethnique (…) Ensemble de personnes présentant des points communs[1]. (…) » D’après le sondage, le concept de race suffit à catégoriser les individus. Ces derniers forment donc un groupe, qui du simple fait de leurs couleurs, rend celui-ci assez uniforme et homogène pour être considéré comme un ensemble indissociable.

On parle de quoi ? De troupeaux ? De clones ? Ou d’individus à part entière ?

Au vu de ces considérations, cela nous laisse penser que nous, les Noirs, avons tous le même comportement, la même éducation, les mêmes caractéristiques physiques, les mêmes croyances religieuses, spirituelles, les mêmes idéologies, la même manière de parler, le même langage, les mêmes aspirations, les mêmes objectifs, la même volonté, etc. Est-ce le cas ?

Quoi qu’il en soit, pour les personnes interrogées, ces nuances, n’ont, en fin de compte aucune importance voire aucune existence.

D’ailleurs, qu’est-ce qu’un vrai Français selon les personnes interrogées ? Doit-il être caucasien, Français de naissance et laïc ?

Dans quelle catégorie les Noirs, qui sont Français de fait, sont classés ?

En tant que Français mais Noirs  ?

Des Français « catégorisés » ?

Des noirs résidant en France ? Des immigrés ?

Je m’interroge et je vous invite à le faire également.

Quelles sont les conditions pour que la « catégorie des Noirs » soit acceptée en France ?

L’intégration, première condition pour que la catégorie « des Noirs » soit acceptée

En consultant les articles, les débats et les reportages relatifs à la thématique, deux concepts reviennent systématiquement : intégration et assimilation.Historiquement, il est intéressant de savoir que le terme « intégration » a été introduit au sein des discours politiques dans les années 1980. Littéralement, que veut dire « intégration[2] » ?

  • « action de faire entrer dans son ensemble ».
  • «Opération par laquelle une personne s’adapte, s’incorpore à un nouveau milieu ».  L’ exemple choisi est parlant « l’intégration de ces immigrants est réussie ».

Plusieurs termes attirent mon attention.

1- « s’adapte »

Il est évident que pour survivre, l’être humain doit s’adapter à son milieu naturel. Cela parait réducteur mais c’est factuel.

Explications.

Un esquimau ne se promène pas sur la banquise en claquettes et en maillot de bain. Nous sommes d’accord ? C’est du bon sens.

Autre exemple. Lorsqu’une personne originaire de Zanzibar voyage à Lille, elle portera des vêtements qui la protégeront du froid et de la pluie. Différence de climat oblige.

L’adaptation est partie intégrante de la vie d’un être humain et permet la survie. En outre, elle répond, contrairement à l’intégration, à un besoin physiologique.

L’intégration quant à elle, sous-tend quelque chose de plus lattant… de plus pernicieux.

 2- « s’incorporer »

Synonyme : mélanger. Je n’insulte pas votre intelligence mais je définis rapidement ce terme, histoire que nous soyons sur la même longueur d’onde. Il s’agit d’ « intégrer des choses différentes pour former un tout (…) ou confondre, prendre une personne pour un autre [3] ».

Intéressant, non ?

La finalité de l’incorporation ou du mélange, est l’effacement de toute différence. À tel point que l’objet A doit être identique, confondu à l’objet B.

Pour être acceptable, le Noir doit être confondu au tout, à l’ensemble. À l’autre qui n’est pas lui.

 Biologiquement -et visuellement- il est difficile de confondre un Camerounais et un Breton. Il existe des différences et c’est normal. Il y a des contrastes entre un Corse et un Auvergnat. Mais ces divergences sont acceptées.

Le cœur du débat est là. Certaines dissimilitudes sont jugées acceptables et d’autres pas.

Plusieurs questions me viennent à l’esprit ; faut-il être identiques pour être égaux ? À qui demande-t-on de s’intégrer ? Sur quel principe certains contrastes sont jugés acceptables ou pas ? On en parlera peut-être une prochaine fois. Revenons à nos moutons.

Objectif ultime, l’assimilation des Noirs

Nicolas Sarkozy, à propos de l’assimilation, « Il va falloir reprendre le grand travail de l’assimilation républicaine ». Historiquement, il est important de souligner, que ce terme a été employé en France, pour parler des peuples issus de ses colonies.

Quels sont les processus de l’assimilation ? Soit par « intégration complète dans un autre être (…) soit par comparaison[4] ». Tiens, parlons de comparaison. Quelle est la différence entre un « expatrié » et un « immigré » ?

Un expatrié est un « individu résidant dans un autre pays que le sien ». Et un immigré ? « se dit d’une personne qui vient habiter un pays après avoir quitté le sien[5] ».

Deux faits analogues, deux actions identiques. Vous êtes toujours avec moi ? Donc, nous avons dans les deux cas, un individu quittant sa patrie pour en intégrer une autre.

Deux faits identiques, mais deux termes à connotation différente.

Pourquoi utiliser deux mots distincts pour une même réalité ?

Autre fait intéressant. Les catégories nommées lors du sondage sont entre autres :  « Chinois », « Maghrébins », « Noirs », « étrangers de façon générale », etc.

À quel moment parle-t-on de la communauté blanche ?

S’il existe des communautés minoritaires, il existe une catégorie majoritaire : la communauté blanche. On a tendance à l’oublier. Cette catégorie, si rarement nommée, est la plus importante et la plus représentée en France. Je ferme la parenthèse. Revenons à la notion d’assimilation = rendre semblable. J’irai droit au but. Ce qui est recherché et souhaité est que l’étranger, le Noir, soit confondu, assimilé à l’ensemble.

Sommes-nous face à un choix ? Rester dans cette catégorie, ou accepter l’assimilation ?

Si nous acceptons ce dilemme, la mutation s’effectue. L’entité nous assimile. Nous nions notre individualité, notre histoire, notre essence pour s’abandonner au tout. Nous cédons notre liberté. En outre, l’assimilation entraîne la déconstruction, pour ensuite reconstruire l’individu par copie, pour que cette nouvelle entité fasse partie du tout.

On assiste ni plus ni moins à la disparition de la forme première. Vous devenez l’autre.

À moins d’être névrosé, vous ne pouvez pas être vous et être l’autre en même temps. Quel est l’enjeu ? Garder l’intégrité de la majorité et effacer toutes diversités. Un rapport de force tente d’être instauré. Entendez-vous cet élitisme racial ?

À présent, je vous cède la parole  :

  • Devons-nous accepter ce jeu racial ?
  • Selon vous, la différence est-elle un danger ?

Quelles que soient vos réponses, ne laissez pas les autres vous définir.

Tant que vous n’êtes  un danger pour l’intégrité physique de quiconque, aucun groupe, aucun être, aucun facteur exogène ne doit vous imposer ses standards.

La devise de la France, n’est-elle pas « Liberté, égalité, fraternité » ?

A l’École Politique Afrique nous vous invitons à :

  • assumer votre singularité
  • à vous libérer de tout déterminisme social
  • à vous émanciper de tout plafond de verre.

La devise de la France, n’est-elle pas « Liberté, égalité, fraternité » ? Assumez votre singularité, et ensemble, visons l’excellence.

À la semaine prochaine !

Par Lou B.

Mars 2021.

 

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