Diapositive avant (2)

Revue d’actualité n°2

Bonjour à toutes et à tous,

Bienvenue à la revue d’actualité de l’École Politique Africaine.

Au sommaire,

On débutera tout d’abord par le Mali avec la dénonciation des accords de défense signés avec la France et la sortie du G5/Sahel. Ensuite, nous irons à N’Djamena où les Tchadiens sont sortis manifester contre la politique française dans leur pays ; et enfin, terminer en Centrafrique avec l’adoption du bitcoin comme monnaie légale à côté du Franc CFA.

Pour débattre de cette question, nous aurons l’occasion de discuter avec M. Luc Mensah, responsable sécurité des systèmes d’information à l’agence française de développement.

 


 

  • Mali – France

Le lundi 2 mai 2022, dans le contexte de retrait des troupes françaises, les autorités militaires du Mali ont décidé de dénoncer les accords de défense avec la France et les partenaires européens.

« Quelles sont les raisons ayant conduit les autorités maliennes à remettre en cause les accords avec la France ? » s’interroge Genniève Sagno dans un article publié sur le site de BBC Afrique.

Lors de son adresse télévisée, le porte-parole du gouvernement malien le colonel Abdoulaye Maïga a indiqué que les relations entre Paris et Bamako se sont détériorées en raison des violations commises par la France et l’absence de réponse aux demandes de révisions du traité de coopération. En ce qui concerne les violations, figure la décision unilatérale de la France de retirer les forces barkhanes du Mali sans avoir consulté au préalable les autorités maliennes et la violation à plusieurs reprises de l’espace aérien malien ; avec notamment l’affaire Gossi où un drone a filmé la mise en scène d’un charnier – du point de vue des autorités françaises -visant à discréditer la France.

Les autorités maliennes ont qualifié cette action d’espionnage et de technique de subversion de la part des autorités françaises qui – quant à elles – invoquent l’article 5 de l’accord de stationnement de la force Serval pour justifier leurs actions. L’article susmentionné prévoit en effet une liberté de circulation et de mouvement pour les forces françaises installées dans la région dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Les autorités maliennes ont donc décidé de remettre en cause les accords signés avec la France car ils servent de base légale à toute forme de pénétration française sur le territoire malien.

Les textes concernés sont l’accord des 7 et 8 mars 2013 déterminant le statut du détachement français qui s’applique aux forces barkhane et le protocole additionnel des 6 et 10 mars 2020 déterminant le statut du détachement non français de la force takuba.

« Les conséquences d’une telle décision ne sont pas négligeables » note Philippe Chapleau du média français ouest France. En effet, elle retire aux forces barkhane et takuba toute liberté de d’entrée sur le territoire malien et ralentiraient le retrait des troupes françaises en raison de « tracasseries administratives » liées à la fin d’exonération douanière sur le matériel chargé de faciliter le convoi logistique de repositionnement du dispositif français vers le Niger.

 

Avec la dénonciation de ces accords, force est de constater que les relations entre le Mali et la France sont loin de s’améliorer d’autant plus que le gouvernement Malien vient de se retirer du G5 sahel en raison des « manœuvres d’un Etat extra régional visant désespérément à isoler le Mali »Manœuvres d’un Etat extra régional… nul besoin de consulter les astres pour connaître l’État visé par les autorités maliennes. Le retrait du Mali intervient en raison de la non-organisation de la 8ème session ordinaire du G5 sahel prévue depuis février 2022 à Bamako. Dans le communiqué publié sur le média en ligne la nouvelle tribune, le colonel Abdoulaye MAIGA indique que cette session avait pour but de consacrer le début de la présidence malienne à la tête du G5. Cependant, cette présidence malienne n’a pu avoir lieu pour les raisons évoquées plus haut mais également en raison de l’opposition d’un Etat membre qui évoque la situation politique interne du Mali comme étant contraire à la tenue dudit sommet.

Au-delà de la question du retrait et des manœuvres – réelles ou supposées – employées pour isoler diplomatiquement le Mali ; l’enjeu aujourd’hui est de savoir comment organiser la coopération sécuritaire dans la région car le retrait du Mali occasionne une discontinuité territoriale pour le G5 sahel alors que la menace terroriste reste toujours présente et continue d’affecter d’autres pays.


 

  • Manifestations au Tchad

« La France dehors » ont scandé les tchadiens venus participer à la manifestation organisée par la plateforme d’opposition et de la société civile Wakit Tamma. Le but de cette manifestation était de dénoncer la politique française en Afrique et particulièrement au Tchad, souligne Diarra Ousmane du média en ligne Tchad infos. Les autorités tchadiennes se sont empressées de condamner et dénoncer des manipulations extérieures sans toutefois oublier d’exprimer « [leur] reconnaissance à la communauté internationale et aux pays amis, notamment à la France, pour leur soutien constant au peuple tchadien dans cette phase de transition ».Soutien de la France aux élites scélérates, oui ! Mais du peuple tchadien, Elle n’en a cure.  Petit rappel : le 20 avril 2021, lorsque l’armée annonçait la mort du président Idriss Déby Itno,

Ce dernier fut remplacé par son fils Mahamat Idriss Deby en violation de la constitution qui prévoyait une transition assurée par le président de l’Assemblée nationale jusqu’à l’organisation de nouvelles élections. Le fils-président fut aussitôt conforté dans sa position par la communauté internationale – dont la France en tête – alors que cette dernière fut prompte à dénoncer les coups d’état militaire intervenus sur d’autres contrées. Ces manifestations – œuvre d’une puissance extérieure ou pas – montre que le peuple tchadien ne peut tolérer une ingérence qui tend à consolider un régime illégal, illégitime agissant contre ses intérêts.

Drapeau français brûlé, Station d’essence de la compagnie Total saccagée ; des actes qui doivent amener les autorités politiques tchadiennes à revoir leur position vis-à-vis de leur « pays ami ».


 

  • Bitcoin en Centrafrique

Depuis le 22 avril 2022, la République Centrafricaine devient le premier pays africain et le deuxième pays au monde [après le Salvador] a adopté le bitcoin comme une monnaie légale au côté du Franc CFA. Sur son compte twitter, le président Faustin Archange Touadéra a salué « une décision historique » qui permettra d’amorcer « le plan de redressement économique du pays » ; tandis que du côté de l’opposition, on émet d’énormes réserves sur cette décision car l’adoption du bitcoin comme monnaie légale favoriserait « le blanchiment d’argent, l’escroquerie et la fraude fiscale ».

Au-delà des divergences politiques sur cette question, l’adoption du bitcoin comme monnaie légale en Centrafrique soulève des interrogations en ce qui concerne la politique monétaire et la recherche d’autonomie financière.

Nous recevons à ce propos M. Luc Mensah, responsable sécurité des systèmes d’information à l’agence française de développement pour nous entretenir sur ce sujet.

 

 

Amon Joane

 

Sources

Mali – France 

Antouly, Julien. « Quels Sont Les Accords Qui Encadrent Les Interventions Militaires Au Mali ? » The Conversation. Consulté le 5 mai 2022. http://theconversation.com/quels-sont-les-accords-qui-encadrent-les-interventions-militaires-au-mali-175869.

RFI. « Mali: la remise en cause des accords de défense, nouvel épisode de la tension avec la France », 3 mai 2022. https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220503-mali-la-remise-en-cause-des-accords-de-d%C3%A9fense-nouvel-%C3%A9pisode-de-la-tension-avec-la-france.

FRANCE 24. Bamako rompt les accords de défense avec Paris, qui dénonce une décision « injustifiée », 2022. https://www.youtube.com/watch?v=nML1iidZPII.

CHAPLEAU, Philippe. « Le Mali rompt les accords de défense avec Paris : quelles sont les conséquences ? » Ouest-France.fr, 3 mai 2022. https://www.ouest-france.fr/monde/mali/le-mali-rompt-les-accords-de-defense-avec-paris-1684513e-cae0-11ec-b8ac-24494cad7a04.

BBC News Afrique. « Pourquoi le Mali rompt les accords de défense militaire avec la France et l’Europe et quels sont ces accords ? » Consulté le 5 mai 2022. https://www.bbc.com/afrique/region-61313497.

« Charnier de Gossi au Mali: l’armée française réfute les accusations maliennes ». Consulté le 5 mai 2022. https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220429-charnier-de-gossi-au-mali-l-arm%C3%A9e-fran%C3%A7aise-r%C3%A9fute-les-accusations-maliennes.

La Nouvelle Tribune. « Retrait du G5 Sahel : le Mali donne ses raisons (communiqué) », 16 mai 2022. https://lanouvelletribune.info/2022/05/retrait-du-mali-du-g5-sahel-les-raisons-de-la-transition-communique/.

RFI. « Revue de presse Afrique – À la Une: le Mali s’isole encore un peu plus », 16 mai 2022. https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-afrique/20220516-%C3%A0-la-une-le-mali-s-isole-encore-un-peu-plus.

 

Tchad

Tchadinfos.com. « Manif de Wakit tamma : “France barra”, scandent les manifestants », 14 mai 2022. https://tchadinfos.com/politique/manif-de-wakit-tama-france-barra-scandent-les-manifestants/.

« Tchad: manifestation contre la présence française ». Consulté le 17 mai 2022. https://www.la-croix.com/Tchad-manifestation-contre-presence-francaise-2022-05-14-1301215148.

« Tchad : un an après la mort d’Idriss Déby, une transition toujours incertaine ». Consulté le 17 mai 2022. https://www.france24.com/fr/afrique/20220418-tchad-un-an-apr%C3%A8s-la-mort-d-idriss-d%C3%A9by-une-transition-toujours-incertaine.

 

Bitcoin en Centrafique

« Une loi sur la cryptomonnaie adoptée en Centrafrique (RCA) – Chainglob ». Consulté le 3 mai 2022. https://chainglob.com/centrafrique-vote-une-loi-pour-legaliser-les-cryptomonnaies/.

Jean-Luc. « Un cadre légal pour les cryptomonnaies en Centrafrique ». bitcoin.fr (blog), 27 avril 2022. https://bitcoin.fr/un-cadre-legal-pour-les-cryptomonnaies-en-centrafrique/.

Sango, Ndjoni. « RCA: les avantages et inconvénients de la cryptomonnaie ». Ndjoni Sango (blog), 29 avril 2022. https://ndjonisango.com/2022/04/29/rca-les-avantages-et-inconvenients-de-la-cryptomonnaie/.

Cuordifede, Célia. « Légalisation du bitcoin en Centrafrique : l’ombre de la Russie ? », 29 avril 2022. https://www.marianne.net/monde/afrique/legalisation-du-bitcoin-en-centrafrique-lombre-de-la-russie.

Le Monde.fr. « Le bitcoin, adopté comme monnaie officielle en Centrafrique, n’est pas une « panacée », avertit le FMI », 29 avril 2022. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/04/29/le-bitcoin-adopte-comme-monnaie-officielle-en-centrafrique-n-est-pas-une-panacee-avertit-le-fmi_6124157_3212.html.

JDD, Le. « La cryptomonnaie a-t-elle de l’avenir dans les pays émergents ? » lejdd.fr. Consulté le 3 mai 2022. https://www.lejdd.fr/International/la-cryptomonnaie-a-t-elle-de-lavenir-dans-les-pays-emergents-4108606.

AJ.S. « La Centrafrique fait du bitcoin une monnaie officielle », 27 avril 2022. https://afrimag.net/la-centrafrique-fait-du-bitcoin-une-monnaie-officielle/.

La Tribune. « Du Bitcoin en Afrique Centrale ou plutôt en Centrafrique, a-t-on mis la « charrue avant les bœufs » ? » Consulté le 5 mai 2022. https://afrique.latribune.fr/think-tank/2022-05-02/du-bitcoin-en-afrique-centrale-ou-plutot-en-centrafrique-a-t-on-mis-la-charrue-avant-les-boeufs-916160.html.

ICI.Radio-Canada.ca, Zone International-. « Cuba encadre le bitcoin, la Centrafrique en fait une monnaie légale ». Radio-Canada.ca. Radio-Canada.ca. Consulté le 3 mai 2022. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1879408/cuba-centrafrique-cryptomonnaie-salvador-sanctions-russie-etats-unis.

« Centrafrique.Bitcoin, monnaie officielle. Le Ministre de la Communication de RCA sur Radio Equinoxe – YouTube ». Consulté le 3 mai 2022. https://www.youtube.com/watch?v=C2xNgfBXjAw.

JeuneAfrique.com. « Bitcoin : la Centrafrique risque-t-elle une exclusion de la zone CFA ? – Jeune Afrique ». Consulté le 3 mai 2022. https://www.jeuneafrique.com/1343472/economie/bitcoin-la-centrafrique-risque-t-elle-une-exclusion-de-la-zone-cfa/.

 

 

Revue d’actualité N1: Alpha Condé libre

Bonjour à toutes et tous,

Bienvenue sur notre antenne consacrée à la revue d’actualité de l’École Politique Africaine.

Au sommaire,

On débutera tout d’abord par l’élection présidentielle française remportée par le président sortant Emmanuel Macron. Il s’agit de s’intéresser sur la place qu’occupe l’Afrique dans son programme en ce qui concerne la politique étrangère : Rupture ou continuité ? ou continuité dans la rupture ? on vous expliquera tout dans un instant.

Ensuite, on ira dans une zone à cheval entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est notamment dans les régions des grands lacs où le gouvernement congolais de la RDC a décidé d’entamer des consultations avec les groupes armés sévissant à l’est du pays

Enfin, on remontera en Afrique de l’Ouest en Guinée-Conakry plus précisément le CNRD a annoncé la libération du président Alpha Condé.


Comme annoncé nous débuterons par la France où le 24 avril 2022, Emmanuel Macron fut réélu président de la République en remportant 58,5% des voix face à la candidate Marine le Pen du rassemblement national.

Lors de cette campagne présidentielle, les candidats se sont prononcés sur des questions de politiques étrangères essentiellement tournées – et situation oblige – sur la guerre en Ukraine.

S’agissant des relations entre la France et l’Afrique, les deux candidats ont très peu évoqué, au cours de leurs différentes interventions, le type de relations qu’ils envisagent entretenir avec le continent africain alors que l’Afrique a été particulièrement présente durant le premier mandat du président sortant Emmanuel Macron avec notamment la crise sécuritaire au Sahel, le retrait des troupes françaises au Mali, la réforme du Franc CFA.

Comment interpréter ce silence ?

« Oubli ou défaut de communication ? » s’interroge le journaliste Pierre Firtion dans un article publié le 15 avril 2022 sur le site de Radio France Internationale.

En réalité, ce silence annonce la poursuite de la politique étrangère entamée depuis 2017 puis formalisée dans un document intitulé « La construction d’un nouveau partenariat avec l’Afrique » ; document que l’on retrouve sur le site de l’Élysée.

Dans ce document publié en date 15 février 2022, figurent différents axes qui sont censés construire un nouveau partenariat entre la France et l’Afrique pour les cinq années à venir.

Premier élément, s’appuyer sur les travaux d’historiens afin d’apaiser les mémoires et établir de nouvelles relations. Nous avons l’exemple du rapport Duclert sur le génocide des Tutsis au Rwanda – rapport qui conclut à des responsabilités lourdes et accablantes de la France mais écarte la complicité du génocide ; ou encore le rapport sur la restitution du patrimoine africain rédigé par Felwin Sarr et Bénédicte Savoy.  Reste à savoir quels seront les prochains pays sur le continent qui seront concernés par ce travail de mémoire ?

Ensuite, sur le plan économique, le programme du Président réélu évoque le leadership pris par la France en faveur d’une réponse juste et solidaire à la crise du Covid 19 en Afrique sans toutefois mentionner les actions qu’ils comptent poser dans le cadre des échanges entre la France et l’Afrique.

Enfin, sur les questions de sécurité et défense, il n’existe aucune information sur la stratégie que compte mettre en place le Président Macron dans un contexte marqué par le retrait des forces françaises du Mali et la contestation de la présence militaire française par les populations et membre de la société civile de cette région. Il ressort plutôt de ce programme que : « les Français sont mieux protégés » à l’étranger et la France sous la présidence d’Emmanuel Macron « a renforcé la coopération sécuritaire avec ses principaux partenaires européens et internationaux » … aucune indication n’est fournie sur la façon dont le président Macron envisage la présence militaire française au sahel même si un redéploiement vers d’autres pays de la région est envisagée.

En somme, pour les cinq ans à venir, les relations entre l’Afrique et la France seront axées sur un travail de mémoire, des relations économiques encrées dans le statu quo et un dispositif militaire encore éloigné d’un désengagement total de la France… Pas sûr qu’un nouveau « Talkshow » de Montpellier vienne considérablement bouger les lignes !


Nous partons maintenant pour Nairobi au Kenya où sont organisés depuis le vendredi 22 avril des pourparlers entre les rebelles opérant dans l’est de la République du Congo et le gouvernement de Kinshasa, nous indique Denis Nsengiyumva du média rwandais en ligne Bwiza

Les présidents de l’Ouganda, du Burundi, du Rwanda et de la RDC se sont réunis pour discuter de la crise qui frappe l’est de la République Démocratique du Congo. Le but de cette réunion est d’inviter tous les groupes rebelles locaux ou étrangers agissant à l’est de la RDC à désarmer et rejoindre leurs pays d’origine.

Si le terme de pourparlers laisserait envisager des négociations politiques avec différents groupes rebelles – pourparlers qui se résument souvent à désarmement contre reconnaissance en tant que parti politique ; ou intégration dans l’armée régulière, amnistie pour tout le monde et aurevoir la justice – le professeur Serge Tshibangu, mandataire de la Présidence de la République, indique qu’il s’agit plutôt de consultations dont l’objectif est d’inciter les groupes armés « à déposer les armes ». Aucune compromission n’est donc envisageable au niveau de l’exécutif congolais.

Au niveau des groupes armés présents à l’est de la RDC, il convient d’opérer une distinction entre groupes armés locaux d’autodéfense et groupes armés étrangers. En effet, la partie orientale de la RDC a connu de nombreuses rebellions dont la plupart ont reçu le soutien de des pays voisins à savoir le Rwanda et l’Ouganda bien que ce dernier intervienne aujourd’hui sur le territoire congolais dans le cadre de la lutte contre les rebelles ougandais de l’ADF.

Ces consultations permettront d’envisager les conditions de réinsertion des membres de ces groupes d’autodéfense qui disent se battre contre les « prédateurs étrangers » à savoir les forces rebelles venues des pays voisins.

Si tout semblait bien se dérouler jusque-là, la reprise des hostilités entre forces armées congolaises et les rebelles du M23, l’un des principaux groupes armés dans l’est de la RDC, vient fragiliser le processus de pourparlers entamés à Nairobi. Chacune des parties s’accusant mutuellement d’être à l’origine des premiers tirs. Cela a entraîné l’exclusion du M23 de la table des consultations. Le gouvernement congolais et les pays de la région ont dans ces sens précisé que l’option militaire reste toujours sur la table car comme l’indique le journaliste Alain Diasso l’objectif est d’obtenir une reddition sans condition des forces rebelles et préparer leur réinsertion sociale.

Il faudra dès lors suivre de près l’évolution de ses consultations car la recherche de la paix et de la stabilité de la région ne doit pas – encore une fois – se solder par une absence totale de justice. Par ailleurs, la reprise des hostilités avec le M23 montre que l’option militaire doit être envisagée – non pas uniquement par l’Etat congolais – mais par l’ensemble des Etats de la région.

Nous terminons notre d’actualité en Afrique de l’Ouest et plus précisément en Guinée-Conakry où Alpha Condé a été déclaré « libre » par le CNRD (comité national pour le rassemblement et le développement). Ce dernier continuera de « bénéficier d’une protection adéquate et pourra recevoir à sa demande les membres de sa famille biologique politique, des amis ou proches » indique le communiqué.  En effet depuis le coup d’état du 5 septembre 2021, le président Alpha Condé avait été placée en résidence surveillée par les militaires désormais au pouvoir. Ces derniers ont mis en place comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD) chargé de conduire « une transition inclusive et apaisée vers un nouvel ordre constitutionnel ». Cette libération intervient alors que la CEDEAO avait menacé de prendre des sanctions si, d’une part, le président Alpha Condé n’était pas libéré et, d’autre part, si le CNRD ne présentait pas un calendrier établissant la durée de la transition.

Fameuse CEDEAO ! organisation prompte à défendre les présidents au mandat de trop mais complètement aphone lorsqu’il s’agit de défendre les peuples face aux régimes autoritaires et dictatoriaux…

Quoiqu’il en soit, cette libération ne doit pas se traduire en une forme d’immunité pour l’ancien président car les manifestations anti troisième mandat ont causé la disparition de citoyennes et citoyens guinéens sortis défendre le respect de la limitation des mandats.

Là encore, la justice doit intervenir et non être écartée au profit d’une transition inclusive qui vient rétablir des acteurs politiques non exempts de tout reproche.

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Á propos, estimez-vous qu’au nom de la réconciliation nationale ou de la consolidation de l’unité au sein d’une nation, il faille taire toute aspiration à la justice ?

Faire table rase et construire sur de nouvelles bases sans situer les responsabilités de chacun est-ce un projet viable sur le long terme ?

Pour répondre, nous allons recevoir M. KONGO ATUMGLBAN MANI sur la place qu’occupe la justice dans le processus de réconciliation nationale au sein des Etats africains.

Entretien avec M. KONGO ATUMGLBAN MANI, analyste politique et fondateur du média ATUMGLBAN FM, nous permettra de comprendre les enjeux liés à une telle décision.
Bonne écoute 🎧